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24 Novembre 2007

Accordo dei Contrari

Kinesis

par Jérémy Bernadou
L’Italie a toujours été un berceau pour les musiques dites progressives. Même si leur popularité est moins importante que lors des années soixante-dix, la qualité et l’abondance des groupes italiens officiant dans le genre en font aujourd’hui encore des valeurs sûres. Les nouvelles formations italiennes continuent à créer la surprise, comme Yugen et Gecko’s Tear qui ont sorti leur premier album l’an dernier, livrant des chefs d’œuvre insoupçonnés. Accordo dei Contrari fait parti de ces talents émergents qui s’installent dans une nouvelle scène très prometteuse. Leur prestation au Pro-Agressive Rock Festival en compagnie de Sleepytime Gorilla Museum prouve une première reconnaissance au sein du microcosme du progressif aventureux.

Le contenu de la galette suit cette logique d’ambition, car son professionnalisme suppose un travail acharné de composition et d’interprétation. La finesse des arrangements et les mélodies appuyées accrochent immédiatement l’auditeur, ce qui est assez rare avec les groupes instrumentaux. Accordo dei Contrari se démarque d’ailleurs de ces derniers grâce à l’influence prépondérante du jazz, qui donne une assise confortable aux compositions. Les musiciens n’hésitent pas à exploiter l’éclectisme de ce genre pour produire un jeu tout en nuances. Même si les titres gardent généralement une structure proche du rock progressif et du mouvement Canterbury, c’est l’interprétation fine et soignée qui fait la différence. Ceux qui ne se sentent pas attirés par le jazz peuvent donc se laisser tenter sans appréhension, car leurs repères musicaux ne seront pas perdus.

Enregistrées en deux jours seulement, ces compositions alternent passages épurés et grands moments de fusion, où la guitare quasi metal de Marco Marzo assène de grands riffs évolutifs et déstructurés, témoignant du soin apporté à chaque section des morceaux. Le claviériste Giovanni Parmeggiani semble être le membre le plus marqué par l’âge d’or du progressif, et utilise toute la panoplie du parfait musicien vintage, orgue Hammond et Fender Rhodes en tête. Il apporte une coloration agréable à l’ensemble, et donne ainsi à l’auditeur le « petit plus » qui fait que cet album tournera longtemps dans ses cages à miel. Cependant, bien que le style choisi par la formation laisse une marge de manœuvre importante, les titres ont tendance à proposer le même schéma, pouvant à la longue provoquer une certaine baisse de régime chez les quelques réfractaires au genre.

Le premier effort de ce quartette est donc une pépite de plus dans l’histoire du rock progressif italien. A n’en pas douter, Kinesis leur permettra de se faire un nom, et laisse augurer d’une carrière pleine de bonnes surprises.
  • Année: 2007
  • Label:

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