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20 Novembre 2007

The Pineapple Thief

What Have We Sown

par Christophe Gigon
Le lecteur assidu de Progressia se rappelle certainement que l’auteur de ces lignes n’avait pas été tendre avec la précédente production, Little Man, de ce groupe britannique en début d’année. A peine ont-ils eu la moyenne ! Non pas que l’album fût mauvais, loin s’en faut ! Pineapple Thief propose régulièrement de bons albums, fort bien construits et très agréables à écouter. Alors en quoi une note si décevante était-elle (et est toujours) pertinente ? Tout simplement parce que l’équipe de Bruce Soord semble souffrir, à chaque album depuis leur premier (Sherbert Gods en 2001) d’une pourtant déjà longue discographie (dix albums au compteur !), d’une sorte de quête adolescente d’une identité qui leur serait propre. Ainsi, leur précédent album, Little Man, bien que fort bon, répétons-le, souffrait du simple fait d’exister après OK Computer et Kid A de Radiohead. Même la bande d’Oxford ne parviendrait pas à sonner si « Radiohead », eux qui sont habitués à éviter l’autocitation jusqu’à l’absurde.

Et ce nouveau Pineapple Thief, encore du sous-Radiohead ? Que nenni, excepté la voix plaintive du leader et principal compositeur du groupe qui a la (mal)chance (ou le culot) de posséder exactement le même timbre de voix que le neurasthénique Thom Yorke. Donc l’amateur du groupe peut respirer : le rédacteur de Progressia ne va pas, pour la seconde fois, sous-évaluer le nouvel album de Pineapple Thief qui est, comme à l’accoutumée, un délice à écouter. Malheureusement, alors que l’influence suffocante de Radiohead semblait disparaître, ne voilà-t-il pas que le voleur d’ananas s’essaie à l’exercice de mimétisme de l’arbre à porcs-épics ? (Quelle joie de pouvoir glisser dans une même formule des mots aussi peu usités dans le jargon typique du critique rock que ananas et porcs-épics !).
Pour parler plus clairement, What Have We Sown fait largement plus que lorgner vers les travaux de Porcupine Tree (période Signify), il les cite littéralement. Le dernier album de Pineapple Thief n’est donc qu’une copie – même pas pâle d’ailleurs puisque le groupe est assez brillant dans ses divers exercices de style – de l’album de Porcupine Tree de 1996. Il est bien triste d’entendre une telle production plus d’une décennie après la sortie du chef-d’œuvre de Porcupine Tree. The Pineapple Thief se permet même le luxe d’offrir à l’auditeur qui en redemanderait un dernier titre frôlant la demi-heure ! Futur classique du prog selon le groupe lui-même sur son site. Dommage que ce morceau commence comme « Echoes » du grand Floyd, se poursuit comme « Voyage 34 » de la bande à Wilson et termine son petit voyage progressif – sans jamais prendre de sentiers escarpés – sur les autoroutes construites par Porcupine Tree (encore !). Rassurez-vous, la « touche Radiohead » est toujours bien présente !

Dilemme : comment évaluer un produit fort bien construit et agréable en diable mais dont l’existence même est une insulte à ce Graal que recherche tout chroniqueur, l’originalité ? En mettant une très faible note d’originalité, une bonne note d’intérêt général de l’album (puisque Pineapple Thief est à l’aise dans le genre qu’il propose : la redite non maladroite) et note très satisfaisante de production. Après les pondérations d’usage, on aboutit aux évaluations ci-dessous. C’est étrange, c’est la même note que la dernière fois ! Pour les remarques, critiques, insultes et menaces de mort, n’hésitez pas !
  • Année: 2007
  • Label: Cyclops Records

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