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29 Octobre 2007

Exhope

Madkind

par Jérémy Bernadou
Le metal progressif n’est pas le chemin le plus facile à emprunter pour les groupes en devenir. Certains font encore ce choix, plus par passion que par prétention. Exhope fait partie de ceux là, pour qui le plaisir reste une priorité. Cette formation toulousaine en activité depuis 2000 a déjà tenté l’aventure avec un premier album, Loading Mars, qui a connu un bon accueil tout en restant assez confidentiel. Avec ce nouveau Madkind, le quartette passe le cap du second album, souvent déterminant pour l’avenir d’un groupe.

Force est de reconnaître que Exhope se démarque par bien des aspects des nombreux groupes de metal progressif qui fleurissent toujours aussi abondamment. Un réel travail a été fourni afin de diversifier leur propos musical, en incluant des influences ou des sonorités inattendues. Au lieu de développer un côté extrême, attitude qui tend à devenir un « cliché » chez de nombreux groupes, ces Toulousains intensifient les passages jazz et les déstructurations rythmiques de leur musique. Les compositions bénéficient donc d’un vocabulaire riche et développé, tout en restant fidèles à une ligne directrice précise et à un esprit initial jamais laissé de côté. Aucun titre n’est clairement « hors propos », ce qui confère une unité certaine à l’album. Ils s’essayent même au chant en français le temps d’une chanson avec « Lament » sans que cela ne dénature le reste.

Le chanteur et claviériste, Serge Laubary, est l’un des principaux atouts de la formation. Son timbre s’apparente à un croisement entre la voix claire de Mikael Åkerfeldt (Opeth) pour les passages apaisés et de Ray Alder (Fates Warning) pour le groove sur les parties plus heavy. Il se situe donc dans un registre plus grave que la moyenne. Comme cette particularité est parfaitement assumée, Exhope en profite pour en faire une de ses forces les distinguant encore une fois des groupes voisins.

Cependant, la cohérence de l’ensemble ne permet pas de faire sortir un titre en particulier du lot. C’est ce constat qui gâche en partie l’intérêt de ce Madkind. Bien que sa durée soit loin d’être importante – seulement quarante minutes -, une certaine routine s’installe vers le milieu de l’album, faisant baisser sensiblement l’attention de l’auditeur. Les idées et la mise en place sont là, mais il manque encore des éléments à leur musique pour parvenir à marquer sensiblement les esprits. Cela reste tout de même un disque recommandable, pour les amateurs cherchant à passer un bon moment sans sortir de leurs habitudes. Ce n’est pas avec cet album que l’on pourra espérer un renouveau du genre, mais en attendant, cette initiative est à encourager, et peut déboucher sur une galette d’un tout autre calibre à l’avenir.
  • Année: 2007
  • Label: Nolarsen

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