Interview

Minnaars

17 Février 2010

Des Anglais qui ont bonne mine

par Jérôme Walczak
Minnaars n’a rien à voir avec une quelconque définition académique du rock progressif. Leur seul souci, tout comme le nôtre, est de proposer des matériaux sonores différents, nouveaux mais néanmoins accessibles, voire carrément virevoltants si on n'y prend garde !

Progressia : Nous savons assez peu de choses sur vous en France. Vous venez de Leicester, votre premier album se nomme Of Our Delirious Former Loving Hours, et vous semblez tout jeunes. Pouvez-vous nous éclairer ? Comment vous êtes-vous rencontrés et qui vous a mis dans la tête ce projet de composer ensemble ?
Adam : Sais-tu où est Leicester ? Admets que tu as dû regarder sur la carte, non ? Personne ne connaît, nous sommes toujours obligés de dire qu’on vient des alentours de Birmingham pour faire simple, alors que ça ne nous enchante guère… Nous avons finalement tous abouti autour de cette ville, et notre réel désespoir agrémenté de nos petits moyens a engendré cette sombre entité dansante l'époque.
Ben : Nous avons rencontré Tom Woodhead de Forward Russia durant notre premier concert et il a souhaité nous produire et c'est ainsi qu'est né Of Our Delirious Former Loving Hours. Nous sommes tous de très bons amis, très tolérants par rapport à ce qui peut arriver à chacun.

Votre nouvel abum a été publié par le label Hip Hip Hip. En ces temps de renouvellement complet de diffusion de la musique, cette manière de faire n’est-elle pas quelque peu anachronique ?
Gav : On avons opté pour cette maison de disques car nous avons été vraiment impressionné par leur enthousiasme musical. C’était aussi très encourageant de constater qu’ils promouvaient des groupes que nous respectons beaucoup tels que Blakfish ou Pharaohs.
Adam : Je pense en tant qu’artiste que quoiqu’il arrive avec la musique ou la technologie, tu dois toujours être capable de te dire : « maintenant, c’est notre tour ». Nous étions tellement heureux de recevoir les premiers exemplaires CD pressés de cet album avec son artwork.

Pourquoi n’avez-vous pas envisagé l’autoproduction ?
Gav : L'autoproduction peut être une très bonne chose mais nous pensions que Hip Hip Hip était leur meilleur moyen pour nous de promouvoir Minnaars en Europe, et le fait qu’ils aient déjà planifiés un certain nombre de dates cet été nous a beaucoup encouragé.

Comment se passe la promotion ?
Adam : Pour l’instant, la sortie de l'album est exclusivement destinée au territoire européen, et nous n'arrêtons pas de travailler sur du nouveau matériel mixé à des idées qui n'avaient pas été retenues pour Of Our Delirious Former Loving Hours. Tout reste concentré pour le moment uniquement à l'Angleterre en atttendant les futures concerts à venir. Nous avons toutefois eu la chance de passer sur les ondes de la BBC Radio One, tout comme pouvoir participer des festivals majeurs que sont Reading et Leeds.
Gav : Nous commençons déjà à organiser la promo du prochain album. Nous venons tout juste de sortir du studio avec Tom Woodhead, et nous attendons d’entendre le résultat. Nous y retournerons dans quelques mois afin d'apporter la touche finale. La promotion sera tenue par des professionnels dans notre pays, car nous manquons encore de confiance et d'expérience dans ce domaine, et parce que c'est un moment décisif dans notre carrière.

D'ailleurs, les ventes sont-elles bonnes ?
Gav : Selon Hip Hip Hip, le tirage limité s’est vendu à très grande vitesse, ce qui laisse augurer pour les territoires français et étrangers. Nous avons été franchement heureux des chroniques très positives émises par la presse, malgré nos lacunes en compétences linguistiques !


Il suffit de taper Minaars sur Google pour tomber immédiatement sur des rubriques consacrées au math-rock. Etre cantonné dans ce style est-il revendiqué ? Vos influences sont-elles directement issues de ce mouvement assez méconnu ?
Adam : En fait, nous aimons proposer une musique aux mesures asymétriques maladroites, même si nous revendiquons en même temps notre volonté de faire danser. La mélodie prime sur le fait de proposer une musique dite ingénieuse. Bref, nous voulons que ce soit festif, de préférence avec du vin blanc. Et c'est bien pour cela que la France reste une de nos priorités ! Vous possédez une telle réputation en viniculture !

Et si vous deviez définir votre musique...
Gav : Pop pauvre et maladroite.
Ben : “Phat Beats, mais ça fait un peu débile non ?
Gav : Carrément !
Adam : De la Bleak House [ou de la House lugubre, morne, etc., ndlr]

Vos morceaux sont très entraînants, accessibles et très dansants. Beaucoup de critiques déplorent néanmoins que malgré cette énergie, la plupart des pistes se ressemblent. Est-ce voulu ? Comment réagissez-vous à ces observations ?
Gav : A mon avis, c'est important que les pistes possèdent un dénominateur commun, et c'est bien ce qu'on ressent à l'écoute des huit titres de ce premier album. Ceci dit, il faut bien rappeler que ces morceaux sont les premiers que nous avons écrits et enregistrés. Notre prochaine production sera le moment de nous juger sur un matériel peut-être plus mûr et approprié à nos envies actuelles.


Pouvez-vous nous en dire plus ?
Adam : Nous pouvons davantage l'identifier depuis que nous avons opérér cette première phase d'enregistrement que nous mentionnions. Nous avons trouvé notre groove et nous nous rapprochons davantage de notre définition de groupe dance telle que nous l'envisageons. Tout se concentre davantage sur les percussions et la basse, et même si les guitares sont un peu plus en retrait, il n'en reste pas moins un effet de surprise.

Que réponds-tu Adam si je te dis que ta voix ressemble à celle de Robert Smith ?
Adam : Quand j’étais dans mon ancien groupe, je me souviens d’une chronique qui disait : « un Robert Smith bien nourri », et merci de me rappeler cela, ça fait plaisir ! Je suis un vrai fan de Cure et même si je n'ai vraiment bien saisi la comparaison, je n'en suis pas vexé pour autant !

Les dates que vous évoquiez passeront-elles par la France ?
Gav : Nous allons essayer de tourner le plus possible. De plus, nous n'aurons pas besoin de devoir faire le trajet entre Calais et Lyon en une journée. Nous prenons vraisemblablement le temps de visiter dans un avenir proche quelques villes de plus.

Galerie

(D.R.)

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