:)
07 Avril 2007

miRthkon

The Illusion of Joy

par Jean-Philippe Haas
Ce petit digipak apparemment anodin et pas très joli d’apparence recèle bien des surprises du haut de ses deux modestes dizaines de minutes. Si Rock in Opposition est la première appellation qui vient à l’esprit au bout de quelques secondes à peine d’écoute, il faut bien vite se rendre à l’évidence : mettre une étiquette sur ce jeune groupe californien semble plus compliqué qu’il n’y paraît.

Dissonances, grosses guitares typées prog'metal, cacophonies maîtrisées et ruptures improbables sont au menu de The Illusion of Joy. « Tweaked-out atonal jazz thrash », peut-on lire sur le site des intéressés… Mais que peut donc motiver des musiciens à faire « ça » ? De la part d’une bande de vieux fossiles blasés, cela pourrait aisément se comprendre, mais lorsqu’il s’agit de jeunes musiciens, qui feraient bien mieux de mettre leur immense talent au service de ritournelles commercialisables, plutôt que de perdre leur temps en expérimentations, c’est assez incompréhensible, d’autant que ces vilains garnements semblent apprécier les formats courts… pour ménager la boîte crânienne de l’auditeur, sans aucun doute.

Et cela fonctionne plutôt bien car ce mini album s'avère réellement captivant de bout en bout. Difficile par contre d’en définir clairement la raison. Sont-ce les soli de clarinette basse ? Le saxophone déluré ? Les riffs métalloïdes assénés à la machette ? Un groove surpuissant et omniprésent ? Un humour débridé doublé d’un sans-gêne insolent ? Ou est-ce la brièveté de l’ensemble qui le rend supportable ? L’effet serait-il le même sur un album entier ? Les maux de tête n’apparaissent-ils qu’au bout d’une demi-heure ? Quoiqu’il en soit, la pilule passe remarquablement bien. Les quatre titres sont suffisamment différents et originaux pour tenir en haleine les fans de Frank Zappa comme ceux de Fred Frith, ou les adeptes de Sleepytime Gorilla Museum, sans oublier les simples amateurs de sensations fortes. Cerise sur ce gâteau apéritif qui donne envie de réclamer « encore ! » à cor et à cris : la vidéo d’un cinquième titre complètement loufoque appelé à (plus ou moins) juste titre « Very Important ». Deux minutes de délire surréaliste qui provoquent circonspection, rire et admiration.

The Illusion of Joy est une petite merveille brillamment produite, beaucoup trop courte, frustrante, qui met des gallons d’eau à la bouche. Heureusement, l’album de miRthkon est déjà bien en route et répondra enfin à la lancinante question… pourquoi ce « R » majuscule ?
  • Année: 2006
  • Label: Autoproduction

Poster un commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir