Live Report

Freak Kitchen

27 Novembre 2005

Freak Kitchen

par Julien Damotte

CONCERT : FREAK KITCHEN

 

Artiste : Freak Kitchen
Lieu : Paris, Elysée Montmartre
Date : 21 octobre 2005
Photos : Dan Tordjman

Comme à leur habitude, les Suédois de Freak Kitchen sont arrivés à l’Elysée Montmartre en terrain conquis pour promouvoir leur dernier album. Retour sur l’un des concerts marquants de cette fin d’année.

Set-list : Speak When Spoken To – Rights To You – Porno Daddy – Appetizer – Silence – Look Bored – Breathe – Propaganda Pie – Infidelity Ghost – Walls of Stupidity – My New Haircut – Vaselin Bizniz – Fletch Theme – Hateful Little People – See You In Pittsburgh – Blind – Nobody’s Laughing - Rappels : Razor Flowers – Taste My Fist

18:30 : La première partie, différente chaque soir, est ici assurée par le trio français Furious Zoo, mené par le charismatique Renaud Hantson (ex-Satan Jokers et Starmania). Ce dernier, combinant chant et batterie avec brio, va se donner corps et âme pour faire passer un bon moment au public parisien. Malheureusement, le hard rock façon années 1980, très en décalage avec la musique de Freak Kitchen, réussit à peine à faire taper du pied quelques nostalgiques du genre.
Pourtant le talent et la maîtrise technique sont au rendez-vous, comme le prouve un duel guitare / basse un peu cliché dès le troisième titre. Le bassiste profite d’ailleurs de ce moment pour montrer l’étendue de sa technique alors que pour le guitariste, chaque solo sera l’occasion de prouver qu’il connaît les vidéos pédagogiques de Paul Gilbert sur le bout des doigts. Après avoir puisé dans le répertoire de Furious Zoo et Satan Jokers, les trois compères tentent de faire décoller leur set avec un medley de Jimi Hendrix très bien exécuté mais sans réelle saveur. En vain. C’est seulement à la fin du set, lorsque leur ami Zouille, chanteur de Sortilège, vient leur prêter main forte, que le public semble montrer un peu plus d’intérêt au trio parisien. C’est dommage car Furious Zoo a tout pour séduire un public…mais pas celui-là…

19:15 : Place au deuxième trio de la soirée, celui de Göteborg, venu une fois encore donner une leçon d’énergie et de bonne humeur. Les hostilités commencent avec « Speak When Spoken To » immédiatement suivi de « Rights To You », dans le même ordre que sur le dernier album des Suédois. Ce soir, Freak Kitchen va d’ailleurs puiser principalement dans ses deux derniers albums (Move et Organic) pour livrer le concert le plus long qu’il ait jamais donné à Paris. L’ambiance monte d’un cran lorsque retentissent les premiers accords de l’incontournable « Porno Daddy », qui laisse place à une première surprise, « Appetizer » tiré de l’album du même nom, joué pour la première fois en France durant cette tournée. L’album Dead Soulmen est à son tour sollicité avec le mal nommé « Silence », sur lequel les mouvements de foule s’intensifient une fois de plus. Suivent deux autres extraits de Organic, « Look Bored » et le mélancolique « Breathe ». Ce dernier titre, dont le sujet – la mort d’un être cher – affecte personnellement les membres du groupe (NdlR : voir l’interview de Mattias Eklundh), démontre que Freak Kitchen sait faire autre chose qu’amuser le public. Après cette accalmie, rien de tel qu’un « Propaganda Pie » pour réveiller le public de l’Elysée Montmartre, suivi d’un autre titre jamais joué en France : « Infidelity Ghost » sur lequel Mattias laisse le micro à Christer Ortefors, qui montre lui aussi ses qualités de chanteur.

Vient la grosse surprise et le moment clef de la soirée : un set acoustique, expérience que Freak Kitchen n’avait encore jamais tentée sur notre territoire. Mattias saute sur l’occasion pour évoquer ses deux guitaristes préférés, Django Reinhardt et Biréli Lagrene, avant d’improviser sur le début du fameux « Minor Swing ». C’est donc dans cet esprit manouche que Freak Kitchen interprète « The Walls Of Stupidity », ainsi que le morceau fétiche du public « My New Haircut », évidemment repris en chœur par l’assemblée. Freak Kitchen en acoustique, c’est avant tout une rencontre entre deux styles, le metal et le jazz manouche, mais c’est aussi un véritable sketch ! Ainsi, l’introduction de « My New Haircut » est recommencée quatre fois, pour enfin réussir à tomber ensemble, aidés par le public hilare. Le mur du son qu’est « Vaselin Bizniz » vient mettre fin à ce moment unique de complicité. Cet autre classique du groupe est suivi par l’instrumental « Fletch Theme », thème du film Fletch composé par Harold Faltermeyer et évidemment repris à la sauce Eklundh (comme sur son dernier album solo The Road Less Traveled). Le puissant « Hateful Little People » enfonce encore le clou avant le coup de grâce des riffs dévastateurs de « See You In Pittsburgh » et « Blind », tous deux tirés du premier album des Suédois. « See You In Pittsburgh » est comme à l’accoutumée entrecoupé de l’instrumental « When Sam Played It Again » et d’une autre nouveauté.

Après l’utilisation d’un vibromasseur, d’un téléphone et de baguettes chinoises (entre autres), Mattias Eklundh innove encore en sortant un clavier pour enfant (« Animal toy ») qu’il amplifie avec les micros de sa Caparison. Il finit ce « sketch » par une lecture de la météo du Parisien, autre moment de fou rire de ce concert. Le groupe achève son set sur le hit qu’est « Nobody’s Laughing » avant de quitter la scène… pour revenir dix secondes plus tard, au son d’un tonitruant « ça ne sert à rien de faire croire qu’on ne reviendra pas, on a envie de jouer ! ». Chose promise, chose due, Christer reprend le micro pour un « Razor Flowers » complice, où le public va s’époumoner pour le plus grand plaisir de cet ex-frontman (NdlR : Christer a longtemps été chanteur avant d’apprendre la basse, uniquement pour intégrer le groupe). Après un deuxième au revoir, le public parisien ne laisse décidemment pas ses Suédois préférés quitter la scène, puisqu’ils reviennent pour clore ce long concert de près de deux heures (un record pour Freak Kitchen) avec « Taste My Fist » durant lequel Bjorn Fryklund maltraite sa double grosse caisse pour notre plus grand plaisir.

Le public parisien a eu le sentiment ce soir là d’assister à un concert unique, le plus long et le plus abouti des Suédois. Freak Kitchen a su surprendre, varier son répertoire quasi immuable pour montrer les différentes facettes d’un groupe hors du commun taillé pour la scène.

Julien Damotte

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