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26 Août 2006

Venturia

The New Kingdom

par Julien Damotte
Depuis quelques années, rares sont les groupes de metal progressif qui arrivent à retenir l’attention et sortir de la masse. Pourtant, il faudra désormais compter avec Venturia tant The New Kingdom apporte une bouffée de fraîcheur à ce style. Après six années de maturation, les compositions du talentueux Charly Sahona ont enfin pris la forme qu’elles méritaient et au fil des années, ce guitariste-claviériste virtuose a su s’entourer d’excellents musiciens pour donner vie à son projet.

Ce qui frappe tout d’abord à l’écoute de cet album, c’est l’impression que tout est millimétré, que rien n’a été laissé au hasard. Les titres s’enchaînent parfaitement et ne souffrent d’aucune longueur, et chaque note semble trouver sa place naturellement (les longues années de travail et de réarrangements y sont sûrement pour quelque chose). Mais chaque chanson est aussi un voyage sonore, une découverte. Tout comme les musiciens l’ont fait en enregistrant cet album (seul le guitariste avait l’habitude d’évoluer dans ce style), l’auditeur se surprend à redécouvrir le metal progressif à travers The New Kingdom . La virtuosité des musiciens, aussi démesurée soit elle, est entièrement dévouée à la musique. Chaque chanson est un magma en fusion dans lequel se mêlent virtuosité et sobriété, énergie et sensualité, riffs puissants et nappes aériennes. Le titre « The New Kingdom », très influencé par Dream Theater période Awake (les montée et descentes chromatiques rappellent « Caught In A Web »), en est le parfait exemple.

Venturia puise aussi son originalité dans le fait que le chant soit assuré par une voix masculine – celle du Brésilien Marc Ferreira – mais aussi par la voix féminine enchanteresse de Lydie Robin. Leurs deux timbres si différents se marient à merveille et la douceur de la voix de Lydie vient contraster avec la voix rauque et racée du brésilien. Il est d’ailleurs fort dommage que les lignes de chant ne soient pas établi de manière équitable, Lydie n’intervenant que trop rarement. Gageons que le groupe saura rétablir l’équilibre et davantage exploiter sa voix sensuelle à l’avenir, comme dans le très aérien « Walk On To The Daylight »où l’alchimie est parfaite. Cette alchimie opère également dans le duo guitare-batterie (Charly Sahona et Diego Rapacchietti sont les deux membres originaux de ce projet). Le travail de composition est époustouflant au niveau précision rythmique et les passages syncopés de « The Unholy One »ou encore « Words Of Silence »sont à compter parmi les moments forts de cet album.

Quant à l’instrumental « Candle Of Hope Through A Night Of Fears »étape obligatoire de tout album de metal prog qui se respecte, il est digne des meilleures réalisations du genre. Si Dream Theater avait composé ce titre récemment, les critiques auraient proclamé qu’ils étaient revenus au sommet de leur art. Le solo de guitare de ce morceau est également le plus abouti de l’album. Chargé en feeling et en subtilités, il devient de plus en plus technique sans jamais lasser. Il faut dire que chaque solo de guitare a été lui aussi composé avec soin et maestria. Si des solos comme celui de « Take Me Down »ou encore « New Kingdom »peuvent dérouter (imaginez Buckethead chez Dream Theater !), force est de constater qu’ils apportent une trait de caractère unique à Venturia. A signaler également le travail remarquable de Kevin Codfert (Adagio) aux claviers. Bien plus qu’un invité de luxe, il contribue à forger l’identité du groupe en lui donnant des couleurs inédites.

  • Année: 2006
  • Label: Lion Music

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