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08 Janvier 2003

Aside Beside

Taj Mahall Gates

par Greg Filibert
Il semblerait que la scène rock progressive française soit en plein essor ces temps-ci. Aside Beside fait partie de ces nouveaux acteurs et nous livre Tadj Mahall Gates, son premier album, qui vient élargir le catalogue très fourni du label Musea.

Les douze titres de cet album sont orientés rock progressif façon années soixante-dix, rappelant les Genesis, King Crimson ou Camel de cette période : c’est donc à un retour vers le passé que nous invite le quintette. Les musiciens savent créer de multiples ambiances : jazzy sur « Nightmare », planante sur « And I Hate Her », énervé sur « You Who Know » ou mélancolique sur « Autumn ». La voix particulière de Lionel Giardina est agréable et ne lésine pas sur les effets de type flanger sur certains passages. La guitare, tantôt discrète, tantôt plus dominante, sait se mettre en valeur par des arrangements pertinents et s’enflamme lors de rares leads au phrasé rappelant Steve Vai, période Flex-able (« Nightmare », « Carelessness »). L’excellente paire basse/batterie est solide, technique et ne fait jamais d’ombre aux claviers, assez typés Rick Wakeman (Yes). De temps à autre, nous avons droit ici et là aux interventions de choristes, trombone, harpe, hautbois et même d’une voix baryton, donnant un peu plus de relief et d’authenticité à la musique de la formation.
Mais la sauce peut cependant se révéler épaisse. Il est parfois difficile de trouver un refrain, une simple mélodie vocale qui marquerait vraiment les neurones, et plusieurs écoutes attentives seront nécessaires pour bien mémoriser certaines chansons, étant donnée la richesse de l’instrumentation. Rassurez-vous toutefois, des titres comme « Loneliness », « Friends » ou le très réussi « Autumn » sont plaisants et pousseront certains à la chansonnette. Quant à la production, elle est tout à fait correcte dans l’ensemble, mais manque un brin d’ampleur.

Aside Beside prouve avec Tadj Mahall Gates qu’il fait partie des jeunes espoirs sur lesquels il faudra compter dans les années à venir, et ce premier album plaira aux fans de rock progressif nostalgiques des années soixante-dix. Nos Français ne manquent pas de qualités techniques et d’idées, et sont tout à fait capables de se faire une place parmi les statures du genre. On attend toutefois le petit plus, l’étincelle de génie qui fera d’eux un groupe incontournable !
  • Année: 2002
  • Label: Musea

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