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18 Août 2005

Twelfth Night

XII

par Jean-Philippe Haas

2005 sera définitivement l'année Twelfth Night, après 2004 déjà bien fournie. Outre les rééditions de Cyclops Records, de savoureuses choses ont vu et verront encore le jour cette année : des concerts de différentes époques sortis de l'oubli pour le fan-club grâce au batteur Brian Devoil et à la passion de Mark Huges et Jerry van Kooten, chroniqueurs sur le site-référence Dutch Progressive Rock Page, le premier DVD - un concert au Marquee Club datant de 1985 - et le tant attendu XII, seul album ayant jusque là échappé à la réédition en CD pour cause de « major ». Il faut néanmoins rendre hommage à Virgin : cette réédition n'est pas une simple copie sur CD du master original. L'album a été remasterisé de fort belle manière et agrémenté de six titres bonus. Les individus sus-cités ne sont d'ailleurs pas étrangers à la qualité de l'objet.

Mais à quoi ressemblait donc le Twelfth Night de 1986 amputé de son charismatique chanteur Geoff Mann ? Un an plus tôt, le mini album Art And Illusion, lui aussi réédité récemment chez Cyclops Records, suggérait déjà la nouvelle orientation du groupe : des titres plus accessibles, directs, moins sombres. Le chant d'Andy Sears est quant à lui aux antipodes de celui de son prédécesseur : aigu et technique. Un énorme travail a d'ailleurs été réalisé sur les harmonies vocales qui font mouche la plupart du temps : mention spéciale pour l'émouvant « The Craft », « Blue Powder Monkey », « Shame » et « Take A Look » qui semblent avoir été écrits sur mesure pour Sears.
Difficile d'effectuer une comparaison avec d'autres groupes, Twelfth Night a toujours eu un son particulier, sorte d'alchimie entre la basse omniprésente de Clive Mitten et la guitare prolixe d'Andy Revell. On peut néanmoins trouver sur cet album des traces de Rush, de Saga, du Yes de 90125 et quelques clichés néo-progressifs. Résolument rock comme le prouve « Last Song » dès l'ouverture de l'album, ce Twelfth Night peut-il dès lors être qualifié de progressif ? Si quelques titres comme « Theatre » ou « Shame » relèvent davantage du tube formaté, preuve que les Anglais étaient capables de faire ça aussi, d’autres démontrent que le groupe n'avait alors en rien perdu sa capacité à écrire des morceaux plus complexes aux thèmes forts et aux atmosphères variées.

Bien sûr, XII sonne conformément aux années quatre-vingt, mais la production reste exemplaire et un soin particulier a été apporté aux arrangements. L'enregistrement numérique en est alors à ses débuts et les cinquante-quatre pistes utilisées ont permis de truffer l'album de petites subtilités loin d'être toutes audibles à la première écoute. Le remaster accentue encore cette richesse bien difficile à discerner sur la version vinyl.

Côté bonus, point de remplissage mais quelques morceaux de choix : « Blondon Fair », une « face B » que les possesseurs de la compilation Collector's Item (cf notre chronique) connaissent déjà, une version rallongée de « Shame », le single tiré de « Take A Look » (une idée aussi saugrenue qu'originale de la part de Virgin) et les versions instrumentales de « Blue Powder Monkey », « This Is War » et « The Craft », qui comptent quelques différences intéressantes par rapport aux originaux.

XII se place sans doute en meilleure introduction possible à ce groupe mésestimé si l’on cherche un accès aisé. Les amateurs de pièces ambitieuses se rabattront plutôt sur Collector's Item. Il ne reste plus qu'à espérer que cette réédition connaisse un meilleur sort que son ancêtre de vinyl et donne enfin à Twelfth Night la reconnaissance méritée.

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