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14 Juin 2005

Funkgojazz

Funkgojazz

par Justin Poolers
Ils ne l’ont pas volé, leur nom ! Rarement nom de groupe et d’album n’avait été aussi explicite. A croire qu’ils n’ont pas eu à chercher, les quatre amis marseillais, tellement l’évidence a dû leur sauter aux yeux. Quand le jazz est là, la funk, elle, ne s’en va pas : ils se pacsent même sur cet album. Pour le meilleur ? Pour le pire ?

Mariage blanc semble-t-il. Le quatuor a certes su lier les deux styles assez intelligemment, mais le résultat est il à la hauteur de l’accouplement et le bébé vaut-il la conception ? Tout y est, remarquez : les rythmiques groovy, les impros jazz au saxophone, la guitare en cocottes et la walking bass. Les musiciens ne sont pas manchots, les sons sont typiques, bref : il ne manque rien. Et pourtant si. Les titres composant ce mini album, enregistré sur la scène du festival Musiqueyras de juillet 2004, ne proposent en effet rien qui puisse faire relever l’oreille, ou simplement faire bouger de sa chaise pour marteler la piste de nos pas de danse. Car c’est bien de ça dont il s’agirait si la sauce avait pris : la funk n’est elle pas cette musique diabolique qui possède le corps sans que l’esprit n’y puisse rien ? Et le jazz, donc !

Ne dissertons pas plus avant sur les causes probables de cette stagnation physique, mais disons juste que Maceo Parker ou James Brown sont des prodiges, et que Miles Davis était un génie. Et l’alchimie inexplicable ne peut se produire sur tous les disques, ni dans tous les groupes, surtout s’il s’agit du premier disque d’un nouveau groupe. Et c’est d’ailleurs pour cette raison que l’indulgence est de rigueur : le groupe possède aussi ses qualités ! Et peut-être l’exercice de l’enregistrement n’est-il pas propice à ce genre de musique ? En tout cas chaque musicien du groupe possède à la fois une bonne technique et assez d’âme - avec une mention spéciale à Nicolas Delorme et son saxophone – et les titres figurant sur l’album sont exécutés avec brio, même s’il manque ce petit plus qui fait la différence. Peut-être le groupe serait-il plus à l’aise dans ses propres compositions ? La seule œuvre originale présente augure d’ailleurs bien de cette idée.

D’abord fait pour les amateurs du genre - et on ne peut pas se tromper sur la marchandise ! - ce disque se révèle donc être d’une bonne qualité d’exécution, même si aucun des thèmes repris ne fait mouche, tant au niveau mélodique que rythmique. Plus d’audace et d’énergie, ainsi que plus de personnalité pourraient cependant changer la donne pour le suivant. Ce groupe en a les moyens.
  • Année: 2005
  • Label: Autoproduction

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