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23 Mars 2005

Dream Aria

In The Wake

par Justin Poolers
Dream Aria est un quartette canadien, formé de trois multi - instrumentistes et d’une chanteuse. In the Wake, leur premier album, voit le jour en ce début d’année. Chassant sur les terres de multiples genres musicaux, le groupe espère acquérir les faveurs du plus grand nombre. L’amateur de progressif sera-t-il dupe ?

Habillé de moult apparats, la musique de Dream Aria peut sembler aguichante et curieuse à la fois au premier abord. Troublé par des boucles électroniques, séduit par de belles nappes de clavier ou de sympathiques riffs de guitare, l’auditeur pourra éprouver à la première écoute de ce CD un précieux sentiment de renouvellement perpétuel. Malheureusement, cela n’ira pas au delà de cet agréable baptême, car le loup ôte bien vite sa peau de mouton et la substance des titres apparaît rapidement au grand jour. En effet, l’habillage riche et éclectique ne cachera pas plus longtemps la pauvreté relative de l’écriture : la chansonnette variétifère n’est jamais loin, la facilité l’emportant à chaque combat, et ce n’est pas quelques longueurs sur les fins de morceaux qui pourront un jour leur faire porter l’attribut de progressif. D’autant que certains arrangements à la limite de la dance music, parfois même de la country ou de la ballade mielleuse, rebuteront l’immense majorité du public de ce genre de musique.

Le chant d’Ann Burstyn est omniprésent, pas désagréable, mais souvent en deçà de ce que l’on pourrait attendre d’une chanteuse professionnelle et enseignant son art. Les instruments sont bien joués, avec mention spéciale au guitariste principal qui s’est octroyé quelques trop peu nombreuses plages de solo d’assez bon effet. La batterie, quant à elle, reste trop discrète derrière les trop présentes boucles électroniques, ce qui donne à l’ensemble un faux air de modernité, et surtout un vrai goût de « fait à la maison ». Non, tout n’est pas à jeter sur ce disque, deux ou trois passages sont même assez bons. Est-ce suffisant pour donner envie au lecteur de cette chronique d’acheter ce disque ? Sans doute pas.

A vouloir plaire à tous, Dream Aria risque fort de ne plaire à personne, en tout cas s’il continue à proposer une musique aussi disparate. In the Wake n’est pas un mauvais album, mais entre rock et variété, dance ou world music, le champ musical de Dream Aria apparait vraiment trop large pour facilement réunir un même public sous sa bannière.
  • Année: 2005
  • Label: Autoproduction

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