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07 Novembre 2004

Neal Morse

One

par Djul
Quand on pense que certains ont pu croire que Neal Morse arrêterait de se consacrer à la musique suite à son départ de Spock’s Beard (NdRC : comme il l’avait lui-même laissé entendre !)… Non seulement le multi-instrumentiste de talent compose toujours autant, mais il monopolise l’espace médiatique - si tant est que l’on puisse utiliser ce mot en matière de progressif ! - avec un double DVD live sorti le mois dernier, et maintenant avec One, un album simple. Oui, « simple » : c’est la première exception à la règle établie depuis Snow, en 2002, qui voulait que Morse n’épanche sa soif d’écriture qu’avec deux disques pleins à craquer de musique. Dieu ne susurrerait-Il plus à son oreille avec la même insistance ?

Ce serait mal connaître l’Américain, puisqu’il indique même dans son journal en ligne qu’Il lui a inspiré un refrain, et Neal de fondre en larmes en criant : « Merci Tout Puissant, tu sais de quoi nous avons besoin, même quand nous n’en avons aucune idée ! ». Aidé (également !) par Randy George et Mike Portnoy (batteur–pelleteuse chez Dream Theater), déjà présents sur Testimony, le premier album solo post-Beard de Morse, l’ambition du gaillard n’est autre que de mettre en musique le passage de la Genèse à la Révélation qui, outre le titre du premier album perdu de Genesis, se trouve aussi être un extrait de la Bible !

Qu’en est-il donc de ce One ? Pour les amateurs de l’artiste et de son rock américain attachant et mélodique, gorgé de passages instrumentaux et d’arrangements pompeux qui justifient l’appellation « progressif », c’est un quasi sans-faute. On retrouve donc les ballades qui ont fait la réputation de Morse, comme « Father of Forgiveness », émouvant et mis en valeur par une chorale gospel, ou encore « Cradle to the Grave », légèrement en deçà.
Mais l’Américain recueillera sans doute le plus de suffrages (libre inspiration d’un battage médiatico-électoral sans rapport avec la musique ?), sur les titres énergiques et efficaces de l’album, bien plus mis en valeur que sur Testimony, ou même Snow. Témoin de ce retour de flamme, « Author of Confusion » est une sorte de « Gibberish » (passages complexes et canons à la voix) mâtiné de Dream Theater, bien servi par un Mike Portnoy qui réalise ici une excellente prestation, dans la lignée de sa collaboration à Transatlantic.
D’autres passages enlevés méritent les mêmes éloges : le break central et final de « The Creation » fait expressément référence à UK, « Reunion », malgré des cuivres un peu trop guillerets, s’emballe ingénieusement avec ses violons et sa rythmique, « Help Me / The Spirit and the Flesh » constituant le meilleur morceau du lot, en forme d’un « The Light » ramassé et moins barré.
En réalité, seul « The Separate Man » semble en dessous du niveau élevé proposé par ces 79’57’’, avec comme un air d’inutilement rallongé. Morse semble donc avoir voulu éviter les passages quelques peu soporifiques de Testimony au profit d’un album plus « court » et accrocheur : bien lui en a pris !

Restent les paroles, hautement évangéliques et dignes d’un vrai sermon, mais déclamées avec une telle ferveur qu’à moins d’être littéralement allergiques à la soutane, même les païens devraient passer outre, pour peu qu’ils soient de bonne volonté ! Quelle conclusion tirer de One ? Tandis que Spock’s Beard et IZZ tentent de rallier les quelques brebis égarées au progressif à l’américaine, Neal Morse prêche la bonne parole avec talent : dans tous les cas, le prog sera gagnant !
  • Année: 2004
  • Label: InsideOut Music

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