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30 Octobre 2004

Saga

Network

par Djul
Revenu au son qui l’a fait connaître à la fin des années soixante-dix avec des albums magiques comme Images At Twilight ou le magnifique Silent Knight, au progressif énergique, presque metal et épique, Saga a enregistré trois albums de bonne qualité, coup sur coup. Full Circle (1999) annonçait un renouveau, House of Cards (2001) confirmait de fort belle manière ce retour aux sources tandis que Marathon (2003) poursuivait sur la lancée, même si on sentait poindre une inévitable redite. Le projet des « Chapters » (disséminés par trois sur plusieurs albums du groupe depuis son premier, et formant une même histoire) achevé, on espérait que Saga saurait rebondir et peut être explorer de nouveaux horizons, plus originaux. Rappelons à ce titre que les Canadiens ont déjà surpris tout le monde dans le bon sens, avec The Security Of Illusion, assez acoustique, et surtout l’excellent concept album, Generation 13, très éloigné de leur style d’origine. Tous les espoirs étaient donc permis pour ce Network.

Ce nouvel album annoncé comme une nouvelle étape déçoit pourtant en grande partie. La bande de Michael Sadler semble prise entre deux feux, et livre un disque peu cohérent aux inspirations diverses. Deux titres appartiennent indéniablement à la lignée de la trilogie précédente, et peuvent même prétendre au statut de futurs classiques sur scène : « On The Air » est ainsi le petit frère de « Don’t Be Late », avec ses claviers discrets et sa batterie syncopée, l’énergie des derniers albums en plus. Sadler est ici au meilleur de sa forme, dans un genre épique comme il les affectionne. Il s’agit sans aucun doute du meilleur titre de Saga sur cet album, et peut être au-delà. « Don’t Make A Sound » est, lui aussi, imprégné de l’atmosphère des débuts, avec ses imparables signatures « Frères Crichton ».
Mais entre ces deux titres, qui ouvrent et ferment l’album, Saga semble beaucoup moins en forme. Ainsi, des titres comme « Keep It Reel », « Live At Five » ou « I’m Back » oscillent entre du « pur » Saga et heavy metal balourd, sans que l’on comprenne où le groupe veut en venir. De même, on savait les Canadiens peu inspirés lorsqu’ils abordaient le registre pop ; l’insipide « Outside Looking In » confirme cette tendance.
Les ballades se révèlent plus proches du niveau attendu, comme « If I Were You », très acoustique et sur laquelle Sadler est épaulé par quelques chœurs, et surtout avec « Believe », étonnant duo piano - voix entre Jim Crichton et Sadler, qui fait penser aux premières œuvres de Saga, débarrassées de leur apparat synthétique.
Les partis pris de production sont aussi assez étonnants, puisque en face de claviers et de vocaux très léchés, comme d’habitude, Jim Crichton a choisi d’enregistrer les parties de batterie et de guitares quasiment en « prise directe », ce qui crée un contraste assez déstabilisant.

Network ne restera sans doute pas dans les annales, faute d’une réelle unité et de direction artistique claire. Certaines mélodies, notamment vocales, sont bien en-deçà de ce que l’on est en droit det intéressant de leur discographie. Si les courants ne sont pas contre lui, Nemo finira bien par devenir un gros poisson de la scène progressive !
  • Année: 2004
  • Label: Quadrifonic

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