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30 Août 2004

Magenta

Seven

par Djul
Projet mis en place par le multi-instrumentiste Rob Reed, Magenta est devenu au fil des ans un groupe à part entière avec l’arrivée de sa chanteuse Christiana et d’une section basse-batterie-guitare en place depuis le premier (double) album, Revolutions.

Si l’on devait comparer ce dernier et son successeur, Seven, on pourrait noter que le groupe s’est considérablement professionnalisé : une meilleure production, des idées mieux exploitées, une cohésion d’ensemble plus évidente et enfin l’apport du savoir-faire de l’Orchestre Symphonique de Vienne en sont autant de preuves. Musicalement, la formule de Magenta reste toujours assez originale, du fait de mélanges peu orthodoxes : naviguant entre néo-progressif énergique à la Arena et progressif 70’s (Yes et Pink Floyd étant des références flagrantes), les morceaux de Magenta dérivent souvent vers la pop ou le « prog folk » à la Karnataka lorsque Christiana pose sa voix. Ceux qui reprochent à la vague anglaise supportée par la Classic Rock Society (un magazine anglais), comme Mostly Autumn ou Karnataka, de trop verser dans le simplisme, sans être véritablement affiliés au progressif, seront ici comblés. En effet, sur les sept titres de ce concept album consacré aux pêchés capitaux, on retrouve les poncifs du genre : « Gluttony » s’apparente à un hommage à Yes avec ses lignes de guitares heurtées, sa basse ronflante et même ses onomatopées à la Anderson. Chaque titre approche les dix minutes, à l’exception du paradoxalement calme « Anger », et se veut très dense : l’excellent « Envy », par exemple, débute par une introduction pop lumineuse avant de développer un climat sombre à la Genesis, « Pride » est un patchwork de breaks subtilement amenés, et on pourrait ainsi citer chaque titre pour sa sophistication.

Le timbre de Christiana est très agréable, dans un genre pas si éloigné que cela de Sheryl Crow ou Alanis Morissette, avec une voix très maîtrisée et enjôleuse, mais pas toujours très puissante. Les interventions de chœurs masculins se font plus rares sur ce nouvel album, à l’exception du final très percutant de « Lust » et son enchaînement sur « Greed ». Le seul reproche important, et hélas récurrent en matière de progressif, est l’emploi trop direct de formules voire de sonorités de trente ans d’âge, à une époque où la technologie ouvre encore plus le champ des possibles. En revanche, l’album est fort bien produit, Magenta ayant pris l’habitude d’enregistrer ses disques sur une longue période, entre une et deux années.

Seven est un disque qui surprend par son indéniable richesse dans les thèmes et les arrangements, mais aussi par son accessibilité, avec des mélodies accrocheuses et un intérêt sans cesse renouvelé. Ne manque plus à l’appel que davantage d’originalité, mais voici une nouvelle découverte en matière de néo-progressif, un genre qui semble en renouvellement avec les bonnes surprises de cette année, de Saens à Moongarden, auxquelles on ajoutera désormais Magenta.
  • Année: 2004
  • Label: F2 Music

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