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11 Octobre 2002

Planet X

Live from Oz

par Julien Negro
Après un seul album (si l’on exclut le premier disque solo de Sherinian sorti sous le titre Planet X, sans Tony McAlpine), le trio américano-australien sort un concert enregistré au pays des kangourous. Voilà de quoi se demander l’intérêt de ressortir de titres en version scénique, quelques mois à peine après leur version originale ?

Tout d’abord, le groupe gratifie d’un inédit, « Ignotus per Ignotium », destiné à figurer un peu plus tard sur « Moonbabies », et qui reste strictement dans le style de Planet X : parties de batterie martelées, à terrasser un troupeau d’éléphants (NdRC : kangourous, éléphants… c’est l’ARK de Noé ?), soli jumelés claviers/guitare sous la forme de véritables déluges de notes, et rythmiques typiquement progressives où le 4/4 n’existe pas. Voilà de quoi donner à l’auditeur d’alors un bon avant-goût de l’album à venir, lequel souligne que Planet X n’est pas prêt de changer d’orientation.

C’est à Dave LaRue que revient la lourde tache de remplacer en concert Tom Kennedy, bassiste de session sur Universe, et le bougre s’en sort plus que bien ! Ses lignes de fretless sur « Sea of Antiquity » sont magnifiques, pleines d'émotion et de finesse, et le reste de son jeu s’adapte parfaitement aux rythmiques impressionnantes de Virgil Donati. L’interprétation est cependant, d’une manière générale, un peu froide et trop proche des versions studio, si l’on excepte l’excellent morceau de bravoure qu’est « Atlantis ». Divisée en trois plages, cette pièce de vingt minutes, interprétée à l’origine par Brett Garsed, prend une toute autre dimension avec McAlpine. Son style, beaucoup plus adapté au contexte général de Planet X, se révèle plus efficace que celui de Garsed, dont le feeling jazz rock apparaissait un peu déplacé. On retiendra également « Clonus », absent de la liste des titres mais qui occupe bien la quinzième plage et conclut ce concert de manière un peu plus convaincante.

Il s’agit toutefois ici d’un album à réserver aux fans car les titres présents, bien que bénéficiant de l’excellente production de Simon Phillips, restent tout de même beaucoup trop proches de leur version originale pour apporter une quelconque nouveauté. Sherinian aurait peut-être dû prendre un peu plus de temps avant de sortir un tel disque, et se concentrer sur le travail en studio.
  • Année: 2002
  • Label: InsideOut Music

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