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06 Janvier 2011

Shining

Blackjazz

par Aleksandr Lézy

Aucune limite ! Que ce soit dans l’explosion de fureur, dans la décadence du propos, ou dans l’irrationalité grandiloquente et décomplexée de sa musique, Shining raffine et répand l’inconcevable liberté que son art lui permet. C’est cette décontraction alambiquée que les amateurs d’extrême insolence pourront savourer à loisir. Les contraires s’attirent dans un mélange détonnant, produisant cette éruption de sonorités modernes, grinçantes, nerveuses tant perceptibles sur Blackjazz, nom aussi significatif que surprenant.

Ce cinquième album de ce quartet norvégien ruine tout espoir de mélodie niaise et régale l’oreille d’un metal complexe, dissonant et foisonnant d’idées toutes plus démentes que sombres et mystérieuses. Jørgen Munkeby et Andreas Shei, deux anciens membres du fameux collectif Jaga Jazzist, aiment à délirer sur un créneau musical grand guignolesque aux aspérités jazz, par l’utilisation modérée du saxophone, du metal avec le parti pris d’un son gonflé à bloc et d’une voix hargneuse.

Simplifiée, plus homogène et pourtant significativement plus mature, la musique de Shining depuis Grindstone publié en 2007, prend une tournure indiscutablement pertinente. Cette alchimie particulière consacre le groupe au panthéon des originaux, même si les codes artistiques employés par ces Scandinaves peuvent choquer certains puristes, comme par exemple cette insolente reprise de « 21st Century Schizoid Man » de King Crimson qui clôt le disque et qui vient compléter cette palette haute en exagérations et virevoltantes frénésies.

  • Année: 2010
  • Label: Indie Recordings

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