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25 Décembre 2010

Manning

Charlestown

par Jérôme Walczak
Guy Manning est un type incroyable. Il sort avec une régularité d'horloger des albums qui, année après année, se suivent et ne se ressemblent pas. Mieux, alors que le pire était à craindre après un décevant Number 10 et sa suite de titres sans âmes où la mélodie et les développements progressifs étaient réduits à leur portion congrue, le Britannique semble avoir retenu la leçon. Qui sait, peut-être a-t-il lu quelques critiques avisées ? 

Le titre éponyme « Charlestown » ouvre le disque et confirme d'emblée la virtuosité et la dynamique du musicien. Pendant près de trente minutes se conjuguent des sessions purement seventies à la Genesis et des constructions plus jazz et plus complexes lors de transitions habiles, habillées par de discrets claviers qui annoncent un à un les différentes étapes de composition et une voix qui coordonne parfaitement l'ensemble.

Après une telle embardée riche de vocabulaire musical, le remplissage est à craindre. Or il n'en est rien. Autant le précédent album était bourré de carences mélodiques, autant ici, chaque « petit » morceau vient sertir la pièce d'introduction, avec des ballades champêtres (« Caliban and Ariel ») et des développements jazz-rock aux refrains entraînants (« The Man in the Mirror »). Bref, tout arrive à point sur ce disque.

Au regard de la qualité de l'ensemble, seul l'ordre des titres peut s'avérer étonnant car au lieu de faire monter la pression progressivement, l'artiste assène dès le début un véritable festival d'idées qui laisse la seconde moitié de l'album sur sa faim. Manning s'est donc bel et bien réveillé et nous gratifie d'un joli disque aux efforts réalisés en terme de production qui se doivent d'être salués. Indispensable aux amateurs d'arrangements progressifs.
  • Année: 2010
  • Label: Festival Music

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