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04 Octobre 2010

Kingcrow

Phlegethon

par Jean-Philippe Haas

L'Italie a sans doute produit la plus grande armada de groupes de metal progressif depuis la naissance du genre il y a plus de vingt ans. La plupart de ces formations n'ont pas dépassé le cap d'un unique album ou celui de simple clone de Dream Theater. Kingcrow tient plus du croisement entre la bande de John Petrucci et Pain of Salvation, avec de petites touches de Porcupine Tree.

Malheureusement, s'inspirer de ces références ne suffit pas pour sortir du lot, encore moins pour devenir un grand groupe. Pourtant, il y a de l'ambition et des idées chez ces Italiens. Depuis leur second album Insider, les musiciens se sont spécialisés dans l'écriture d’œuvres conceptuelles denses et complexes ; et il en va de même pour Phlegethon dont le titre fait référence à l'un des fleuves qui coulent vers les Enfers dans la mythologie grecque.

Le drame de cette grosse heure de musique, c'est la dilution désespérante des bonnes idées. Chaque pièce contient son passage accrocheur, sa petite trouvaille, son idée mélodique, son introduction prometteuse, mais toutes ces bonnes intentions s'égarent dans des compositions remplies de plans stéréotypés et de longueurs inutiles. Et que cet album manque de rythme...

Il y a pourtant bien quelques titres qui tiennent en haleine plus d'une minute comme « Evasion » ou une bonne partie de « Phlegethon », quelques riffs accrocheurs dans « Numb », une belle progression dans « Washing Out Memories », mais à force de vouloir créer des ruptures dans les climats, le disque perd en efficacité. De la concision, de la vélocité, voilà ce qui manque à Kingcrow.

Ainsi, Phlegethon se traîne plus souvent qu'il ne va de l'avant. Ce Petit Poucet du metal progressif a semé de beaux cailloux blancs qui ne lui ont malheureusement pas évité de se perdre dans les méandres et impasses d'une forêt encombrée de bois mort.

  • Année: 2010
  • Label: Scarlet Records

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