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14 Septembre 2010

Sinestesia

The Day After Flower

par Jean-Philippe Haas
À l’instar du rock progressif dit « classique », son équivalent métallique est entré depuis quelques années déjà dans une phase d’autoparodie assez pathétique. Les chefs de file eux-mêmes sont à bout de souffle et on ne voit pas très bien d’où peut venir le renouveau. Afin de ne ménager aucun suspense inutile, il semble donc honnête d’annoncer d’emblée que Sinestesia n’est qu’une énième déclinaison italienne de la musique du trio Dream Theater / Vanden Plas / Shadow Gallery, à tel point qu’il devient difficile de trouver des qualités intrinsèques à cette pâle photocopie. Dans l’absolu, peut-être sera-t-on forcé d’admettre que cet enchaînement de plans usés jusqu’à la corde, cet étalage de grandiloquence à deux sous bénéficient d’une exécution fort honnête. Par ailleurs, Riccardo de Vito, malgré un accent à couper au couteau, peut se vanter d’avoir un organe vocal tout à fait performant. La simplicité de « Feast » et quelques passages de « Cold War Apocalypse » ou de « Twilight » pourront peut-être même recueillir l’indulgence d’inconditionnels peu regardants sur les multiples emprunts qui boursouflent ces titres. Mais rien ne peut décemment sauver The Day After Flower, qui juxtapose sur toute sa longueur les clichés : concept fumeux, pistes inutilement rallongées, ballades sirupeuses... Si tant est qu’ils veuillent bien l’entendre, on ne saurait trop conseiller aux Italiens de mettre leur talent au service de dieux moins séniles.
  • Année: 2010
  • Label: Aereostella

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