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03 Mars 2010

Ikuinen Kaamos

Fall of Icons

par Marjorie Alias
« Quand les mélodies rencontrent la mélancolie, les icônes chutent »… Nous voila donc prévenus ! Les Finlandais du jour jouent la carte du mystère et n’hésitent pas à semer le trouble chez qui tenterait de déchiffrer le sens de cette simple phrase de teasing. Icônes ? Mais de qui diable parle-t-on ? Et pourquoi donc devraient-elles chuter ? Comme souvent, puisqu’il s’agit de laisser tomber quelque chose, il sera de bon ton de renoncer aux questionnements pseudo méta-musicaux pour se fixer sur l’essentiel, le fruit de ce mélange.

C’est après plusieurs démos que le groupe, jusqu’alors cantonné au black metal underground, propose ce premier véritable album. Comme sorti d’une « éternelle nuit polaire » (la signification de son nom), Ikuinen Kaamos ne délaisse pas pour autant les sombres inspirations de ses débuts. L’ambition d’y mêler profondeur progressive et éléments death metal, le tout bercé d’accalmies pourrait ainsi laisser place aux émotions douces-amères qui leur sont chères.

Cinq morceaux se profilent, atteignant presque une heure. Le ton est donné : la langueur côtoie l’agressivité, au sein de titres qui ont largement le temps de se développer. C’est ainsi qu’une sinueuse immersion débute à l’écoute de « Indocrination of the Lost », qui n’aura de cesse que de balloter l’auditeur, à grands renforts d’inspirations diverses. L’usage du chant est souvent « extrême », voire irritant. Des accélérations qui blastent sont adoucies par l'arrivée d’ambiances lancinantes et voix au diapason, entre plaintes et incantations torturées, qui rappeleront les premiers élans téméraires des groupes issus de la scène scandinave des années quatre-vingt-dix.

L’écoute de Fall of Icons, à l’image de sa construction, est ainsi dense et profonde. Mais la longueur moyenne des morceaux rend certains passages hypnotiques dans le meilleur des cas, au pire lassants. Il est difficile de maintenir, voire d’accroitre l’intérêt de l'auditeur tout au long d’un album de cet acabit. Le choix d’étendre la durée des titres semble donc parfois injustifié.

Il est cependant évident que la maitrise des émotions suscitées ne doit rien au hasard, et que l’ensemble de l’œuvre est cohérent et très travaillé, tant au niveau instrumental que de la recherche harmonique. Ikuinen Kaamos parvient à toucher et interpeller en mariant violence et finesse. Mélodies ? D'accord. Mélancolie ? Affirmatif. Icônes ? Wait and See
  • Année: 2010
  • Label: Maddening Media

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