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27 Janvier 2010

Myrath

Desert Call

par Marjorie Alias
La fin du mois de janvier, son cortège de bonnes résolutions que l’on ne tient déjà plus, et son blues hivernal… C’est en ce début d’année plutôt morose que toute innovation musicale procurant un quelconque réconfort auditif s’avère plus que bienvenue. Et, voilà qui tombe bien, c’est justement en cette période que les Tunisiens de Myrath ont choisi de revenir réchauffer nos oreilles avec un brûlant Desert Call.

C’est grâce à un premier album, le bien nommé Hope, que le talent et l’originalité du groupe s’étaient imposés et avaient convaincu jusqu’au plus blasé des amateurs de metal progressif, redonnant au passage à ce terme usé jusqu'à la corde certaines lettres de noblesse. Car, en plus de tous les atouts techniques à même de rassurer les amateurs de haute voltige musicale, les origines du groupe avaient su s’immiscer là où on ne les aurait sans doute pas attendues, au cœur d’une musique largement inspirée par les classiques du genre, Symphony X et Dream Theater en tête. Myrath avait su proposer une identité forte et dépaysante, façonnant un univers bigarré, pour le plus grand plaisir de l’auditeur en mal d’exotisme.

Et d’exotisme, il en est encore une fois question aujourd’hui. C’est avec un plaisir non retenu que l’appel du désert se fait entendre dès le titre d’ouverture, qui fait la part belle aux sonorités orientales. La voix du nouveau chanteur, Zajer Zorgati, sonne comme une véritable invitation au voyage, et mêle, avec passion, chaleur et justesse, vocalises arabisantes (voire couplets chantés en arabe sur « Forever and a Day ») et envolées dans la pure tradition métallique.

Ce métissage efficace, authentique et admirablement exécuté, est à l’image de l’ensemble des musiciens et des compositions. Un réel souci de recherche mélodique se fait ressentir, chaque instrument est à l’honneur dans des titres sinueux, complexes mais terriblement efficaces, même s'ils ne sont pas totalement exempts de passages plus convenus. Le travail de production effectué par Kevin Codfert, clavier d’Adagio (dont le guitariste Stephan Forté vient poser un solo sur le puissant et heavy « Ironic Destiny »), apporte une touche finale de professionnalisme et de puissance.

Avec cet album, qui saura asseoir une position déjà remarquée et méritée, les membres de Myrath pourraient bien s’afficher comme des néo-alchimistes : d'une belle réserve de metal, ils parviendraient presque à faire de l’or…
  • Année: 2010
  • Label: XIII Bis Records

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