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12 Décembre 2003

Julien Damotte

Deep Inside

par Greg Filibert
Deep Inside est le premier album solo de Julien Damotte, un jeune apprenti guitar hero fana de Steve Vai, John Petrucci, Nuno Bettencourt et Mattias Eklundh (Freak Kitchen). Du beau linge en somme ! Le garçon s’était déjà illustré en février 2002 en remportant un concours de notre confrère Rock Hard lui permettant de passer deux jours en compagnie de Dream Theater ! Le revoilà aujourd’hui, se lançant dans une musique instrumentale où la guitare se taille évidemment la part du lion.

Les douze titres de Deep Inside sont assez variés : on va du metal progressif (« Dementia », « 514 ») au blues (« Julien’s Blues ») en passant par une inspiration plus neo-classique (« Mozart est là », « Black Star » de Malmsteen). Julien Damotte possède un potentiel technique assez intéressant, nous gratifiant notamment de quelques beaux arpèges en sweeping. Il ne manque pas grand chose techniquement à ce guitariste, si ce n’est davantage de propreté et de précision sur certains démanchés, des rythmiques plus fermes et plus groove, et une aternative pourquoi pas humaine, au son affreusement électronique de la boite à rythme.
Cependant, au-delà de l’aspect purement technique, ce sont les compositions qui, en dehors de leur classicisme, laissent un goût d’inachevé sur ce Deep Inside. Les titres peinent à décoller, laissant l’auditeur dans l’expectative d’un thème principal ou d’une envolée qui n’arrivent jamais, comme s’il se trouvait devant des ébauches de morceaux. On a parfois l’impression d’avoir affaire à des jams élaborés et dont l’intérêt n’est pas flagrant (« Shuffle », « Not Human », « Julien »s Blues »). Seule la ballade « Hopeless Fate » semble mieux construite, bien qu’elle ne soit pas d’une grande originalité.

Un gros travail de composition mettant en valeur ses différences sera indispensable pour la suite. Notre apprenti shredder devra également raffermir sa technique et son toucher, s’il veut se faire un nom dans le monde impitoyable et peuplé des virtuoses du manche. Mais souhaitons-lui bonne chance, c’est tout à fait… dans ses cordes !
  • Année: 2003
  • Label: Autoproduction

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