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14 Janvier 2010

Neal Morse

So Many Roads

par Jean-Philippe Haas
Il semblerait qu’un cycle s’achève pour Neal Morse. Tandis qu’il reforme Transatlantic, voici que le prophète du saint prog'se fend d’un triple disque en concert retraçant les grandes lignes de sa carrière. Enregistré en Belgique, en Allemagne et aux Pays-Bas, So Many Roads pioche dans la quasi-totalité du répertoire du prolifique musicien : Spock’s Beard, Transatlantic et sa propre carrière en solo.

La plupart des albums du dévot ayant déjà eu droit à leur version en concert, il était normal que cet énième témoignage de tournée fasse honneur au récent Lifeline tout en ménageant quelques belles surprises. L’heureux possesseur de ce Graal pourra ainsi se régaler, en ouverture du triptyque, de « At the End of the Day », titre phare de l’album V de Spock’s Beard. Le groupe hollandais qui accompagne Neal Morse n’est sans doute pas aussi prestigieux que celui de ses ex-compagnons, mais la version qu’il délivre est loin de faire pâle figure, même si peu de libertés sont prises par rapport à l’original. On retrouve le caractère épique et toutes les qualités ou presque de ce monument : enchaînements limpides, grandiloquence savamment dosée, partie instrumentales héroïques, basse ronflante à souhait... Quant à l’excellent « Walking on the Wind » (tiré de Beware of Darkness), dont il n’existe que très peu de versions en public, il bénéficie du même traitement et d’un surcroît bienvenu d’énergie.

La seconde surprise de taille concerne Transatlantic. Lorsque le groupe introduit « Stranger In Your Soul », qui peut se douter que l’émouvant « Bridge Across Forever » viendra se poser au milieu de cette démonstration de classic prog ?

Quelques dents grinceront sans doute pendant les medleys – exercices hautement périlleux tant ils peuvent s’avérer désastreux – qui compilent de manière aléatoire les « meilleurs » moments de Testimony et de Question Mark. On laissera aux spécialistes pointilleux de l’œuvre de Neal Morse le soin de juger de la pertinence des choix effectués. Toujours est-il que ces condensés conservent l’équilibre des originaux, faisant fi de certaines parties plus faibles. Il faut dégraisser le mammouth, disait l’autre.

So Many Roads constitue une réelle épreuve sur le chemin du pieux auditeur de progressif, car il lui sera difficile de ne pas céder au péché capital de l’envie (à moins qu’il ne s’agisse purement et simplement de celui de la gourmandise) tant le menu est alléchant. Nul doute que Père Morse saura néanmoins pardonner bien vite cet écart de conduite à ses fans prosternés.
  • Année: 2009
  • Label: Metal Blade

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