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09 Février 2009

Sólstafir

Köld

par Jean-Philippe Haas
Köld est le troisième véritable album de Sólstafir, après Í Blóði og Anda en 2002 et Masterpiece of Bitterness en 2005. Le groupe islandais pratique une sorte de black metal assagi, orienté davantage sur le fond païen, anti-chrétien, que sur la forme. Musicalement, il s’agit plutôt effectivement d’une combinaison entre les montées en puissance du post-rock, les riffs monotones et autres longueurs déprimantes du doom, les tapis de double pédale et le son du black metal. Mais cet album ne se résume pas à cette simple définition. Après la déferlante d’ouverture, on découvre rapidement un Sólstafir plus atmosphérique, qui sait ménager des moments contemplatifs, faire évoluer un titre le long de lents crescendos ou créer la rupture au milieu d’un déluge de son. Largement instrumental, ce disque contient quelques parties vocales qui n’ont que peu de parenté avec les différentes scènes extrêmes, si bien qu’il se rapproche autant du screamo que des genres précités. Plainte éraillée ou litanie désespérée, le chant maladif de Aðalbjörn Tryggvaso accompagne à merveille une musique propice à susciter tristesse et mélancolie. Car Köld (« froid ») ne respire pas la joie, c’est le moins que l’on puisse dire, à tel point que la débâcle financière de l’Islande pourrait aisément être le thème central du disque. Malgré tout, le disque s’essouffle quelque peu sur la fin, la faute sûrement à un son monochrome ou à des climats répétitifs. Ou peut-être les huit titres contiennent-ils trop de désespoir pour qu’un seul homme puisse le supporter d’une traite... A défaut d’engendrer la bonne humeur, Sólstafir provoquera vraisemblablement de l’enthousiasme chez tous ceux qui attendaient un peu de « fraîcheur » en provenance du Grand Nord.
  • Année: 2009
  • Label: Spinefarm Records

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