coup de coeur
03 Décembre 2019

Franck Carducci

The Answer

par Dan Tordjman

Et de trois pour Franck Carducci. Après un Torn Apart qui a su élargir son auditoire avec, en point d’orgue, un concert mémorable au Night Of The Prog à Loreley (près de 6 000 personnes, quand même !), il revient avec son troisième méfait discographique.

A ceux qui doutaient de la capacité de Franck Carducci à s’inscrire dans la durée, ce dernier propose donc The Answer. Et, semble-t-il, ce troisième album semble être bien plus expérimental que ses prédécesseurs. Pas forcément sur la structure des morceaux, mais sur la variété des influences. Difficile de ne pas penser au « Give Peace A Chance » de John Lennon à l’écoute de « (Love Is) The Answer » avec son côté hippie et son refrain enchanteur, à la limite de la prière. Si on jette un œil sur la discographie de l’Isérois on se rappelle de son premier album « Oddity » dont le nom faisait irrémédiablement penser à David Bowie. Sur The Answer, c’est le bien nommé Slave To Rock ‘N’ Roll qui fait penser au Thin White Duke. A tel point que l’auteur de ces lignes a dû se retenir d’enchaîner avec « Suffragette City » ! On l’avait déjà dit pour Torn Apart, rappelons-le ici, Franck Carducci est un adepte de la musique progressive du terroir. Celle qui a pour noms Yes, Genesis, Queen et qu’on retrouve avec délice et plaisir sur « The After Effect » et « Superstar » où les influences de Howe, Hackett et consorts se font entendre. Alors, vous nous direz qu’on a déjà entendu ça par le passé, mais pourquoi, pour autant, bouder notre plaisir ? Quand c’est bien fait, ça fait du bien et le fait que la même équipe de musiciens présente sur Torn Apart soit de nouveau de la partie joue sur la cohésion entre les instruments. Une petite surprise est à noter, cependant, avec l’extraterrestre de l’album, en l’occurrence « The Game Of Life » dont l’ambiance piano / trompette rappelle « Don’t Stop Me Now » de Toto et Miles Davis. Ce morceau, c’est un peu comme l’olive servie dans le Dry Martini : on se demande ce qu’il fait là, mais on le déguste avec gourmandise. Un peu comme «  On The Road To Nowhere  » ce titre bonus, sorti de nulle part, véritable hommage au Seven Bridges Road des Eagles.

Ce qui nous a ramène à une citation de David Paich, qui avait dit dans ces mêmes colonnes que la copie est la plus belle forme de flatterie. Parler de copie, ici, serait inapproprié. Parlons plutôt d’héritage, car Franck Carducci le fait perdurer, cet héritage, lui-même légué par les illustres formations citées tout au long de ce papier. D’album en album, l’Isérois gagne en crédit. Ce n’est pas Derek Sherinan, invité sur le génial « Asylum » qui nous dira le contraire. En tous cas, le message est clair : Franck Carducci a de l’énergie, du talent et de la créativité à revendre. Et ça, vous n’allez sûrement pas vous en plaindre, surtout si la chance de le voir sur scène s’offre à vous. Auquel cas, saisissez-là !

Poster un commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir