:)
23 Septembre 2019

Gong

The Universe Also Collapses

par Julien Giet

Nous y voici. Gong est désormais définitivement coupé de son fondateur, Daevid Allen, qui vogue peut-être quelque part dans une galaxie inconnue à tout jamais. Lui qui laissait une dernière trace posthume sur Rejoice ! I'm dead ! peut avoir l'esprit tranquille ; l'institution qu'il a créée continuera d’exister. C'est maintenant à l'excellent Kavus Torabi qu'incombe la tâche d'incarner le rôle de capitaine du vaisseau Gong. Il faut du courage pour prendre les commandes de la théière volante au sein de galaxies psychédéliques. A y réfléchir, se lancer comme ça dans une nouvelle aventure sans son guide historique revient à se jeter dans le vide intersidéral ; le risque de se sentir perdu est grand tant l'absence de chemins concrets est tangible dans ce néant vertigineux.. Rassurons-nous, le capitaine est épaulé d'un équipage de choc qui veille à ce que le navire atteigne sa destination.

On décolle avec «  Forever Recoccuring  » qui aime prendre son temps. 20 minutes de développement spatial qui nous place en apesanteur au gré de pérégrinations galactiques passionnantes … et dansantes. Oui, dansantes. Cela peut paraître surprenant mais la section rythmique de Gong a ce don de nous inviter à une danse cosmique autour de folles improvisations pouvant s'apparenter à un feu autour duquel un rituel spirituel nous inciterait à nous démener. Comme à l’accoutumé, les connaisseurs ne seront pas surpris par les excellents enchaînements qui rendent la musique fluide et évolutive sans jamais perdre sa cohérence. Ce décollage est extraordinaire. Tellement exquis qu'il endosse le mauvais rôle de faire paraître toute la suite de l'album (duquel nous sommes déjà presque à la moitié sachons-le) un brin fade. Les moments de bravoures sont toujours présents, en témoigne le groove endiablé et enivrant de « My Sawtooth Wake » ou le psychédélisme sombre de « The Elemental » dont la fin abrupte (qui signe également la fin de The Universe Also Collapses) a de quoi… laisse sur sa faim.

Gong est mort ; vive Gong. La formule est éreintée mais elle n'a jamais autant porté son sens. Cette première toute nouvelle itération est à saluer. L'équipe est solide, motivée, inspirée. Il nous tarde de les retrouver pour de prochains albums dans lesquels ils exploreront encore mieux leur propos.

Poster un commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir