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23 Septembre 2019

Opeth

In cauda venenum

par Chrysostome Ricaud

In cauda venenum est déjà le quatrième album studio d’Opeth depuis que le groupe a opéré son virage stylistique avec Heritage en 2011. D’une certaine manière on peut d’ailleurs faire un parallèle entre ces deux albums, puisqu’après celui de délaisser le metal, Mikael Akerfeldt fait un nouveau choix audacieux en décidant de chanter tout l’album en suédois. Par peur que les fans ne suivent pas, une version en anglais a cependant également été enregistrée.

A la rédaction, nous avons reçu les deux versions, mais Mikael ayant pris soin de préciser que la version suédoise est l’originale, la plus importante pour lui, et celle qu’il souhaite que le public découvre en premier, nous nous sommes exécutés... le temps de quelques écoutes. Qu’est-ce qui explique la suprématie de l’anglais dans la musique chantée actuelle ? Le débat est ouvert, toujours est-il que restant hermétique au chant en suédois, c’est assez rapidement la version anglaise qui aura eu droit à nos faveurs. Cela provoque d’ailleurs un décalage étrange puisque de nombreux samples parlés en suédois parsèment l’album.

Mais assez parlé du choix de la langue, qu’en est-il de la musique ? Un morceau inquiétant à base de mellotron et de séquenceurs fait une introduction du plus bel effet. La suite ressemble à l’univers sonore auquel Opeth nous a habitué depuis ses quatre derniers albums, pour le meilleur comme pour le pire ! Le single «  Heart in hand  », par exemple, remplit toutes les cases de la composition type d’Opeth au point d’en devenir totalement cliché. Autre point qui devient agaçant, Akerfeldt semble avoir un tic vocal, qui consiste à déraper dans les aiguës sur certaines notes en fin de phrase.
Concernant les caractéristiques dont on ne se lasse pas, Mikael a toujours un don pour trouver des arpèges de guitare acoustique magnifiques. Enfin, on ne peut qu’être admiratifs de cette capacité à emprunter au passé tout en gardant ce son tellement propre à Opeth. Le Fender Rhodes par exemple, est trafiqué d’une manière si spécifique, que l’entendre évoque avant tout le quintet de Stockholm et aucunement ses glorieux utilisateurs passés.

Certaines orientations déjà effleurées par le passé prennent ici plus d’ampleur. Avec l’ajout de cordes sur pas moins de six morceaux notamment. Ou encore des compositions qui n’ont plus peur d’être joyeuses (si la radio daignait passer des titres de rock progressif « Universal truth » aurait fait un très bon single). Côté véritable nouveauté dans l’univers du groupe on appréciera « The Garroter » qui nous offre un solo de guitare acoustique teinté de flamenco en introduction avant de partir dans une ambiance jazzy arabisante.

Comme tout album d’Opeth, In cauda venenum nécessite de nombreuses écoutes pour être véritablement appréhendé. En dehors du chant en suédois, il s’inscrit dans la lignée des trois albums précédents. C’est un disque sans mauvaises compositions mais dont quasiment aucune ne sort véritablement du lot non plus. En cela il nous réconcilie avec le groupe après la semi-déception que pouvait être Sorceress, sans pour autant atteindre le niveau de Pale communion.

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