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17 Août 2019

Nad Sylvan

The Regal Bastard

par Julien Giet

Troisième et dernier volet d'une trilogie vampirique ambitieuse et solide, The Regal Bastard était attendu au tournant par les fans de Nad Sylvan. Et ils ont eu raison de lui faire confiance. Entre délires symphoniques et ambitions théâtrales, on nage clairement dans un hommage sincère à la gloire des débuts de Genesis. «  The Regal Bastard », point culminant de l'album éponyme aux accents de «  Carpet Crawlers » (The Lamb Lies Down on Broadway ), sublime une voix qui ressemble à s'y méprendre à celle de Peter Gabriel : il semble peu étonnant que Steve Hackett ait pourvu Nad Sylvan du titre de chanteur pour sa tournée Genesis Revisited II.

Pour parfaire une œuvre conceptuelle sur le thème des vampires, l'ambiance classieuse sombre et macabre tient une place capitale que l'on a pu savourer sur les deux albums précédents (ainsi qu'en ouverture de celui ci avec un «  I Am The Sea » mystérieux aux refrains accrocheurs et laissant éclater un solo explosif de Guthrie Govan). Pour le cas The Regal Bastard, l'humeur se fait plus pop/folk lumineuse par moments à travers des passages instrumentaux narratifs du plus bel effet («  Honey I'm Home  ») mais également par le biais de chansons plus oubliables («  Whoa  » ou «  Oahu  » ). La production de l'album est propre et organique, mettant toujours en avant les reliefs de la musique et l'interprétation des musiciens (Guthrie Govan aux solos de guitare et majoritairement Jonas Reingold (Flower Kings, The Sea Within, …) à la basse et Nick D'Virgilio (Big Big Train, Spock's Beard, … ) à la batterie pour ce qui est de la section rythmique.

Il est amusant de constater que cette trilogie semble perdue au 21ème siècle, telle un vampire s'étant endormi il y a plusieurs siècles pour se réveiller à notre époque comme si de rien n'était. Une telle œuvre aurait été tout à fait cohérente au milieu des années 70, lorsque le rock progressif avait le vent en poupe. On a là affaire à une relique du passé qui ne semble pourtant pas avoir vieilli, conservant une certaine classe inhérente, par exemple, à un célèbre comte de Transylvanie. Les amateurs adoreront, les demandeurs de rock progressif qui ne cherchent pas l'innovation à tout prix ne se tromperont pas.

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