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01 Juillet 2019

Ork

Electric Reveries

par Jean-Philippe Haas

Un duo prog' nommé Ork, ça intrigue forcément, surtout lorsqu'un autre O.R.k. composé celui-là de pointures et de vieux routards, vient de sortir un disque plutôt bon, Ramagehead. Mais la ressemblance s'arrête au patronyme, car là où le quartette Mastelotto / Edwin / LEF / Pipitone propose un rock sophistiqué, leur homonyme alsacien évolue dans un registre plus électro et essentiellement instrumental. En creusant un peu plus loin, on s'aperçoit vite que la paire Olivier Maurel (vibraphone) et Samuel Klein (batterie) n'en est pas à son coup d'essai : Electric Reveries est leur troisième réalisation, après un EP éponyme en 2013 et Orknest en 2017.

Le chant, déjà rare précédemment, a presque entièrement disparu sur ce nouvel album, essentiellement remplacé par des samples de voix parlées, tirés de sources diverses. Le duo mise donc tout sur sa musique, collaboration assez originale entre des univers parfois éloignés comme le classique, le rock et l'électro. Les instruments de base sont complétés par de multiples sonorités (glockenspiel, melodica, kalimba et des dispositifs électroniques), joués par les deux compères ou par des invités (cordes, flûtes…). Tantôt planantes, tantôt dynamiques, les compositions parviennent à faire oublier une signature sonore omniprésente. Le son cristallin du vibraphone crée des climats oniriques, parfois cadrés par une batterie rigoureuse, lorsque celle-ci ne laisse pas elle-même entraîner par des envolées quasi-lyriques.
Les changements d'ambiances et de rythmes que contiennent des titres comme « Eye On » ou « Dinner for One », les velléités narratives de « Electricity (Asakusa Electric Bath) » ou de « La Valse des Grands Enfants » font pencher plus d'une fois l'aiguille du voyant « à ranger dans » vers « musiques progressives ». Pour autant, il n'est pas question ici d'étalage de virtuosité ou de complexité gratuite : la mélodie est l'axe principal autour duquel gravitent les multiples atmosphères d'Electric Reveries.

Tenir la route avec dix plages instrumentales n'était pas forcément gagné d'avance, mais Ork parvient à garder l'attention en éveil pendant trois quarts d'heure, grâce à des titres variés, stratégiquement disposés. On trouvera certes son compte ici et un peu moins là, selon ses préférences, mais n'est-ce pas finalement le cas de tout album ?

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