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12 Juin 2019

Arch/Matheos

Winter Ethereal

par Florent Canepa

Les nostalgiques de Fate’s Warning ont leur petit lot de consolation grâce à l’entité Arch/Matheos qui met en scène et en musique le premier chanteur du groupe (les trois premiers albums et sans doute parmi les plus iconiques malgré une production peu aboutie) et le virtuose guitariste, dont on a aussi goûté le jeu avec délectation chez OSI.

Le premier constat est que nos deux rescapés eighties ont de beaux restes. Souvent, la voix s’affaiblit avec les années mais il n’en est rien pour John Arch qui affirme son énergie servie par une production moderne et pleine d’impact (basse un peu en retrait cela dit). Évidemment, il faut être à l’aise avec les voix épiques aiguës du heavy metal ou du speed mélodique d’antan (parfois proche de Michael Kiske d’Helloween ou même Bruce Dickinson chez Maiden). Cela plaît ou non mais cela a le mérite d’être bien exécuté. Sur le manche, Jim Matheos prend plaisir à distribuer ses riffs profonds si reconnaissables tout en s’octroyant des moments régressifs (à mi-parcours, « Wanderlust » sonne comme Crimson Glory).

Le train des souvenirs ne s’arrête pas là car les autres membres du wagon sont des hommes de l’ombre de la flamme métal : le vigoureux Bobby Jarzombek, actif avec les chanteurs-heroes Rob Halford et Sebastian Bach et historiquement chez Riot (et un peu Fate’s Warning tiens, tiens...). Il explose sur certains morceaux comme « Wrath of the Universe ». Mais aussi Joey Vera, bassiste originel d’Armored Saint, également entendu avec Kevin Moore (OSI et Chroma Key) et chez… Fate’s Warning, tout comme Franck Aresti en complément de guitares, actif dans le groupe depuis 1985 et la tournée de The Spectre Within. Une petite cohorte d’invités estampillés thrash viennent compléter cet effort discographique tel Steve Di Giorgio (Death, Testament) ou Sean Malone (Cynic).

Autant vous dire qu’on est en famille (recomposée !) et que c’est le plaisir de jouer ensemble qui a guidé l’action. Difficile d’accrocher à tout car il n’y a pas vraiment quelque chose de nouveau, de différenciant, d’étonnant pour retenir l’attention mais le cadeau est suffisamment bien emballé pour faire l’affaire. A cet égard, le speed « Straight And Narrow » évolue dans une veine classique réussie. « Pitch Black Prism », réussit son ressort lyrique et son emphase parfois proche de Queensrÿche. Un festival de soli fait frémir « Kindred Spirits », long morceau parsemé de heavy metal avec un petit moment Paradise Lost que l’auditeur pourra s’amuser à retrouver. En quelques mots, cela n’apporte rien mais cela ne fait pas de mal !

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