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04 Juin 2019

O.R.k.

Ramagehead

par Florent Canepa

C’est bien l’image d’une créature étonnante et fantastique que projette O.R.k., espèce de super groupe comme on l’appelle parce qu’il réunit en son sein une section rythmique de renom - Colin Edwin, transfuge de Porcupine Tree et Pat Mastelotto, esprit frappeur chez King Crimson. Pour le reste de l’équipe, il faudra aussi compter sur le solaire Lorenzo Esposito Farnasari au chant et Carmelo Pipitone à la guitare multiple et multi-couches.

Etonnante association qui passe du rock lourd avec des vrais morceaux de Bowie intégrés (« Kneel to nothing ») à des passages plus intimistes comme un Ayreon artistiquement calme (« Beyond Sight »). La force du chant passe par une oscillation entre des semi graves empruntant aux grands hérauts du prog tel Neal Morse (en plus nasal…) pour s’éveiller complètement dans un timbre très proche du regretté Chris Cornell (flagrant sur plusieurs passages qui ne sont pas sans rappeler Temple of the dog ou Soundgarden). Cette mixture touche à tout réussit la plupart du temps le pari de taper juste, aidé en cela par la concision des propos. En dessous de quarante minutes au compteur, Ramagehead offre un nouveau départ en forme de troisième album sans doute moins accessible ; ce qui n’est pas forcément pour déplaire. A l’image de « Black Blooms », soutenu par Serj Tankian au chant, qui commence comme une complainte en arpèges où rien n’est véritablement attendu malgré un format évident de ballade. Le morceau s’arrête et repart de plus belle, comme un bateau sur roulis ivre.

Au détour d’une ritournelle, O.R.k. fait penser à Maiden, période Fear of the Dark (« Time Corroded ») mais brise ses accents glam en construisant des ambiances éthérées (la voix comme Kip Winger, sur « Down the road » mais le final gothique épique). Alors, certes, des morceaux choisis font un peu office de remplissage ce qui est répréhensible sur un format aussi court. Mais la variété des ambiances sonores, comme un voyage planant qui fonctionne en accords et accents surprenants ne ressemble finalement à rien. On pardonne les moments moins convaincants de la voix, la production perfectible pour se concentrer sur le fondement d’une démarche vraiment libre, créative et non démonstrative. Du prog comme pourrait en faire Jeff Buckley (la fin de « Strangled Words ») ou justement Steven Wilson et Mariusz Duda (« Some Other Rainbow Pt 2 »). On en redemande forcément.

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