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14 Avril 2019

Anne Paceo

Bright Shadows

par Jean-Philippe Haas

Depuis pas mal d'années maintenant et avec un succès grandissant, la jeune batteuse Anne Paceo joue des coudes dans le paysage jazz français à un poste souvent dévolu aux hommes, ce qui ne l'a pas empêchée d'être récompensée par deux Victoires du Jazz, l'une en 2011 (Révélation de l'année) et l'autre en 2016 (Artiste de l'année). Elle a prêté ses baguettes à quelques grands noms du genre comme Christian Escoudé tout en produisant des albums résolument modernes depuis Triphase en 2008 jusqu'à ce Bright Shadow qui brasse des tonnes d'influences.

En ouverture, « Tomorrow » ouvre grand les vannes d'une pop aux accents soul, centrée sur la voix chaude et expressive d'Ann Shirley, discrètement doublée par celles de Florent Mateo et d'Anne Paceo elle-même. Peu démonstrative derrière ses fûts, celle-ci trouve néanmoins les bons moments pour affirmer sa présence en animant des titres rythmés, en contretemps et syncopes sur « Bright Shadow » ou furieusement world à l'image de « Nehanda », qui transpire l'Afrique. Mais dans l'ensemble c'est plutôt la douceur qui prime, que ce soit sur « Hope Is a Swan » et « The Shell », ponctués par la voix délicate de Florent Mateo, le mélancolique « Calle Silencio », survolé par des voix évanescentes et mené alternativement et sans ostentation par la guitare de Pierre Perchaud, le saxophone de Christophe Panzani et le Fender Rhodes de Tony Paeleman. Sur « Contemplation », final dépouillé et émouvant, les voix se rejoignent et se mêlent pour conclure pudiquement ce Bright Shadows multicolore.

Comme compositrice, Anne Paceo ne quitte jamais totalement le giron du jazz mais se garde bien de se laisser influencer par ses académismes. Pop, rock, électro, world music, soul… elle convoque tous les genres dans un seul et unique but : enjamber les barrières inutiles et faire un album pour tous.

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