coup de coeur
15 Février 2019

Keor

Petrichor

par Ancestor

Keor est le groupe mono-bonhomme de l’hexagonal Victor Miranda Martin. Petrichor, son second opuscule, le révèle comme étant quelqu’un autant talentueux qu’ambitieux. Ce disque sophistiqué semble être le résultat d'un amalgame d’albums de Steven Wilson, de Porcupine Tree et d'Ossicles, voire de Storm Corrosion, et, plus surprenant, de TesseracT (notamment dans quelques passages d’« Abyssal Bloom »).

Les titres sont prolixes, entre sept et quatorze minutes, ils passent cependant à la vitesse de la lumière tellement ils s'avèrent magnétiques et addictifs. Ils sont tous construits comme des édifices sophistiqués, emplis de mélodies souvent belles et parfois un brin imposantes, d'autrefois dissonantes et étranges. On y croise des riffs saccadés agressifs et quelques soli explosifs, et même des moments tapageurs avec de la double-pédale (le final furibard et terrifiant de « The Nest Of Evil »). Y figurent également quelques parties orchestrées façon bande originale de films (« Snivel By The Pond » et ses mandolines) et un très bel usage de la guitare classique plutôt que de l’acoustique. De grandes vagues de mellotron et des claviers argentins emplissent l’atmosphère. Le chant et les chœurs sont complètement dans l’esprit de la musique, pluriels, à la fois brillants et bizarres lorsque le besoin s’en fait sentir. L’éponyme « Petrichor », que l’on trouve en ouverture, représente la quintessence de tout ceci, une substantifique moelle dont la diversité se décline au fil du reste du disque.

A dire vrai, il est difficile de croire que ceci est l’oeuvre et l'ouvrage d'un seul lascar tant la réussite est entière ! Exceptionnel, pour le moins.

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