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16 Novembre 2018

Ibrahim Maalouf

14.12.16 Live in Paris

par Chrysostome Ricaud
dans

Pour célébrer ses 10 ans de live, Ibrahim Maalouf avait frappé un grand coup. D’abord en sortant un coffret comprenant 6 DVD, 1 CD et une clé USB d’enregistrements captés lors de ses différentes tournées. Puis en fêtant cela par un concert dantesque à Bercy : 3h30 de show, une centaine de musiciens sur scène (dont un orchestre, une batucada, un bagad, deux chœurs d’enfants et des danseuses), une pléiade de guest stars et 17.000 personnes dans le public. Plutôt pas mal pour un trompettiste qui fait de la musique instrumentale inclassable (parfois apparenté au jazz faute de mieux). Tout cela à la force de son talent et de son ambition, puisque Maalouf s’autoproduit depuis son premier album et ne cesse de brouiller les pistes de projet en projet. Quand on se résigne à se dire qu’il ne fait décidément pas du jazz il nous sort un disque de jazz ( Wind ). Quand on s’imagine qu’il assume enfin de faire du jazz-rock (Illusions, Red & Black Light ) il fait un concept album de rap avec Oxmo Puccino ( Au Pays d’Alice ), reprend du Oum Kalthoum ( Kalthoum) ou écrit une symphonie ( Levantine Symphony). Pour la setlist de ce concert, tous les albums qu’il avait enregistrés jusqu’alors sont représentés (à l’exception d’ Au Pays d’Alice et de Kalthoum) et joués par ordre chronologique, les plus récents étant les mieux représentés.

La captation de cette soirée mémorable (2 CD et 1 DVD) n’est donc en aucun cas un témoignage de ce à quoi ressemble habituellement un concert ordinaire de Maalouf. Il montre l’envie du trompettiste franco-libanais de faire de cette date anniversaire une véritable fête populaire. Il affiche clairement qu’il est là pour s’éclater sans se soucier de ses véritables aptitudes de showman, assumant une voix pas très juste ni assurée, sautillant et dansant maladroitement sur scène sans peur du ridicule. Bien que la musique soit instrumentale, le public est invité à chanter les mélodies des morceaux ou à danser, les étirant de manière disproportionnée (plusieurs titres voient leur durée tripler, dépassant parfois le quart d’heure). Les invités célèbres défilent : Oxmo Puccino, M, L.E.J., Amadou & Mariam, Tryo, Soprano. «  Lettre à France  » de Polnareff est repris avec Hiba Tawaji au chant, une chanteuse libanaise dont le registre rappelle Lara Fabian. Le parti pris de faire de la musique populaire est totalement assumé chez Ibrahim Maalouf.

Les amateurs de musique plus savante regretteront que la place laissée aux talentueux musiciens qui l’accompagnent pour exposer tout leur potentiel soit aussi réduite. Les moments jazz-rock ne sont pourtant pas totalement éludés et le groupe nous offre quelques sensations fortes sur «  Nomad Slang  », «  Improbable  » et une partie du medley final. Le trompettiste montre également un talent certain pour exprimer l’émotion par la voix de son instrument et deux moments forts du concert l’illustrent. D’abord avec sa reprise de Beyoncé «  Run the world (girls)  » où des danseuses interprètent une chorégraphie entre danse hip-hop et contemporaine du plus bel effet. Puis avec l’incontournable «  Beirut  », rebaptisé Alep pour l’occasion, d’une grande beauté visuelle (les portables allumés dans le publique semblent être des étoiles dans la nuit) et d’une intensité émotionnelle telle qu’on voit des gens pleurer dans la salle.

Ce DVD live d’Ibrahim Maalouf présente un sacré show qui impressionne par sa démesure, et on comprend aisément qu’il ait voulu en conserver un témoignage. Il risque cependant de perdre un peu son public le plus exigeant qui ne trouvera son compte que sur certains titres. Il n’empêche, pour ces moments où le groupe décolle vraiment, pour ceux où l’émotion est palpable, et même pour la myriade de surprises en tout genre, ce concert mérite d’être vu au moins une fois.

Commentaires 

#1 StevCals 08-11-2019 04:18
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