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10 Décembre 2018

Fiona Monbet

Contrebande

par Choreo

Une pochette d'un blanc pur, des archets parfaitement alignés et une violoniste très sobrement vêtue : la jaquette annonce la couleur. Voici Contrebande, le second album de la jeune franco-irlandaise Fiona Monbet. Élève studieuse du maestro Didier Lockwood, elle a fait ses preuves en apparaissant sur plusieurs albums de son maître ou encore pendant des festivals de jazz. Un jeu léger, une prise de son impeccable et des arrangements de haute qualité, on est face à un album plein de charme.

Il y a de très belles mélodies tout au long de ce disque. Que ce soit une réorchestration de thèmes connus (« Bess, you is my woman » tiré de Porgy and Bess de G.Gershwin) ou des compositions originales, l'ensemble est vraiment raffiné. Le jeu de Fiona Monbet est clair, précis et très vivant. Elle nous raconte des histoires tout en nous laissant une grande marge d'interprétation et sans jamais tomber dans le pathos. Les autres interprètes sont de très bons musiciens aussi et on sent une vrai écoute, une cohésion au sein de ce quatuor. Les interventions sont judicieuses et chaque apparition est justifiée. Avec le titre « Mélissande », on peut avoir un vrai aperçu des arrangements sobres mais originaux des quatre artistes. Mention spéciale pour « Irlandalou » qui mêle (comme son titre l'indique) la ferveur irlandaise et le lyrisme andalous. L'arrangement de la partie irlandaise est très fine et le mélange accordéon/violon/guitare/contrebasse détonne.

On a affaire à un style très «classique» mais pourtant on ne se lasse pas. Les thèmes sont parfaitement exposés et il y a toujours une touche d'originalité qui vient relever et peaufiner les morceaux et on se laisse bercer, emporter. Tout semble très écrit et la clarté du jeu des quatre musiciens font que tout est très lisible, on peut ainsi apprécier la richesse de chacun des titres. Un coup de cœur pour « Smoly Market » qui nous installe dans une ambiance plus orientale et mystérieuse et qui d'un coup nous transporte au sein d'une danse effrénée. Le jeu est plein de zèle, de folie et ça fuse dans tous les sens ! L'album se conclut avec « Aveu », un beau monologue joué par le violon en hommage à D. Lockwood. Un morceau émouvant, très chanté et qui est presque murmuré à la fin.

Contrebande ne brillera pas grâce à son originalité mais plutôt grâce à sa sobriété et sa finesse. Certains le qualifieront de très «classique» mais il faut avouer qu'il est rare de trouver des compositions aussi bien écrites de nos jours. Saluons donc le parti pris et l'élégance d'interprétation de ce quatuor qui a su nous faire passer un agréable moment.

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