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26 Novembre 2018

Biréli Lagrène

Storyteller

par Choreo

Considéré comme le digne héritier du formidable Django Reinhart, Biréli Lagrène nous offre un Storyteller qui mélange toutes les influences qu'il a pu avoir durant sa belle carrière. Rappelons qu'après une longue période dédiée à la reprise des morceaux de Django et à ses racines manouches, Lagrène est passé par le jazz fusion et par le jazz plus traditionnel jouant ainsi avec de grands noms (Jaco Pastorius, Stéphane Grapelli, George Benson, etc...). C'est donc accompagné de Larry Grenadier à la contrebasse et de Mino Celinu à la batterie que le trio nous montre un panel de tout ce qu'a pu traverser Biréli.

Il n'y a aucun doute, nous avons affaire à un virtuose de la guitare. Ses notes filent à toute allure, les harmonies s'enchaînent fluidement et les arrangements de standard sont de bon goût. Durant toute la durée du disque, cette virtuosité est mise en avant et il est impossible de ne pas y être sensible. Cependant, cela soulève un premier petit problème... Disons que l'on oublie vite que Biréli Lagrène est dans un trio : la star c'est lui. La basse et la batterie se font plutôt discrètes ou en tout cas ne sont pas mises au même plan que la guitare. C'est bien dommage car ce sont eux aussi des musiciens de talent, mais on ne leur accorde que quelques interventions solos masquées par la guitare. Il y a certes un morceau pour contrebasse seule (« Life in the Folds ») mais sa présence n'a pas vraiment d'intérêt...

Malgré cela, les compositions sont intéressantes et les thèmes entêtants. Le groupe alterne entre morceaux pleins de réverbération et d'autres plus acoustiques. Il y a d'ailleurs un peu d'abus sur les effets de pédales qui donnent certes un spectre sonore très large mais qui, à force d'être trop utilisés, gâchent un peu les compositions. Certaines auraient eu le mérite d'être enregistrés en version acoustique. C'est dans ce registre et notamment dans les registres sud-américains que Lagrène nous dévoile tout son potentiel. Dans le morceau « More », l'ambiance est plus posée et on apprécie pleinement le talent de chacun. Un peu de calme au milieu de ce flot de notes fait vraiment du bien. Petit coup de cœur pour cet interlude. Les deux autres compositions qui se démarquent sont « Freedom Jazz Dance » et « Storyteller ». La première est, comme son nom l'indique, plus jazz que les autres et on a (enfin) une vrai présence de la batterie. Pour ce qui est du titre éponyme, on a le droit à une intervention d'électronique qui donne à ce morceau (vu qu'il y a encore de la réverbération) un côté très 80's qui, il faut le dire, a son charme.

Cet album nous fait passer un bon moment, les musiciens sont bons, c'est indéniable. Mais la longueur ne joue pas en la faveur de ce Storyteller. Les abus d'effets créent une acoustique de cathédrale et il n'est pas sûr que ce soit vraiment approprié. On appréciera donc les talents des trois musiciens dans un registre plus simple et sans artifice. Et surtout la mise en avant de la contrebasse et de la batterie aurait permis à cet album un meilleur équilibre.

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