coup de coeur
05 Novembre 2018

Jack Wilkins

Windows

par Choreo
dans

Paru en 1973 chez Mainstream Records, Windows fait peau neuve. Ce disque n'avait pas fait l'unanimité à sa sortie et (on peut le dire) a même été ignoré par la plupart des auditeurs de l'époque. Mais comment un tel album a-t-il pu passer à travers les mailles du public ? Tout y est, un style certes pas révolutionnaire mais affirmé, des reprises de grands titres de jazz réalisées avec beaucoup de goût et une durée idéale. Même avec du recul on ne comprend pas forcément pourquoi le succès ne fut pas au rendez-vous et fort heureusement cela n'a pas arrêté Jack Wilkins de se produire (il collaborera par la suite avec des géants du jazz comme Sarah Vaughan ou encore Chet Baker).

Le son Jack Wilkins pourrait se rapprocher de celui d'un Wes Montgomery ou d'un George Benson période 70's. C'est un son très pur, un toucher fin et un jeu précis qui pourraient caractériser ce musicien. Avec « Windows », reprise de la composition de Chick Corea, on est porté par une sorte de courant qui ne cesse de nous faire avancer. L'on part sur neuf (très courtes) minutes de valse jazz. Une brise hispanique se mêle au doux flot continu que crée le trio. Les basses sont claires, la batterie précise et enveloppante, on pourrait presque croire que les musiciens sont juste là à nos côtés et qu'ils viennent nous murmurer leurs intrigantes mélodies. Les conditions d'enregistrement de l'époque ont contraint nos trois interprètes à jouer très doucement, avec un sens de l'écoute aiguisé et cette douceur a été conservée lors de la réédition. Il se trouve que l'équilibre est parfait, personne n'empiète sur ses camarades, on entend tout le monde comme il le faut et on apprécie ainsi le formidable jeu des artistes.

« Canzona » est un titre plus atypique grâce à ses percussions intéressantes et originales. Le jeu de la guitare devient plus incisif et une nouvelle ambiance est créée. Une fois passée à la guitare acoustique (« Song for the last Act 1 »), l'atmosphère devient tout de suite différente et peut se rapprocher de celle d'un titre de Baden Powell. Lorsqu'arrive « Red Clay » on découvre une facette plus funk. Ce morceau a d'ailleurs été samplé par A Tribe Called Quest avec le titre Sucka Nigga et a permis à Jack Wilkins une nouvelle visibilité de la part du public. C'est du groove posé, calme et surtout : c'est la grande classe !

L'ensemble de l'album est en fait très calme et malgré cela, jamais nous ne sommes pris par l'ennui. Jack Wilkins et son trio ont su varier les énergies, les vitesses, les ambiances tout en gardant ce côté très intime qui rend cet album irrésistible. Coup de cœur pour « Naima », une composition réconfortante où rien n'est de trop, tout est doux et nous enrobe. Le mixage est impeccable et permet d'apprécier à sa juste valeur cet album chaleureux qui vous réchauffera avec l'arrivée du froid (ça pourrait être un très beau cadeau de Noël au passage).

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