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01 Octobre 2018

Vincent Peirani

Living Being II - Nightwalker

par Chrysostome Ricaud
dans

Il y a trois ans, Vincent Peirani dévoilait un album magistral de jazz rock avec Living Being. Ceux qui avaient été totalement conquis par ce quintette attendaient avec impatience cette suite intitulée Living Being II – Nightwalker. Mais si la numérotation laissait imaginer une continuité, à l’écoute il n’en est rien tellement cet album est différent du premier.

Sur Living Being, c’était le Fender Rhodes de Tony Paeleman qui était omniprésent. Sur Living Being II, il se fait beaucoup plus discret tandis que c’est le jeu de saxophone d’Emile Parisien qui est mis à l’honneur. Les morceaux sont beaucoup plus courts et prennent moins le temps de développer des envolées intenses. L’ambiance générale est plus à des ballades contemplatives. Seuls «  Night Walker » et «  K2000 » parviennent encore à rappeler l’univers du premier album. Du côté des très belles surprises, signalons «  Unknown chemistry » qui évoque un peu Camel période Mel Collins avec sa belle mélodie de saxophone harmonisée.

Les quatre reprises présentes sur l’album montrent la diversité des influences de Peirani, mais le choix des titres manque d’originalité. «  Bang Bang » est reproduit trop sagement, très fidèle à la mythique version de Nancy Sinatra. Le quintette s’attaque également à deux compositions de Led Zeppelin et pas des moindres. Après une ouverture à l’utilité discutable, écrite pour introduire les deux reprises, «  Kashmir » démarre de manière prometteuse. Dans une atmosphère totalement ouverte avec une tension qui monte crescendo, Emile Parisien virevolte au saxophone sur des mélodies arabisantes. Mais quand le morceau part vraiment, le riff de guitare si puissant de l’orignal perd toute sa superbe joué à l’accordéon tandis que la mélodie de chant reproduite au saxophone paraît fade. S’en suit un «  Stairway to heaven » reproduit là encore de manière beaucoup trop sage pour susciter l’enthousiasme, d’autant plus que le titre est réduit à son arpège d’introduction. Toute la progression avec sa montée en intensité de l’originale est abandonnée. Signalons enfin «  What power art thou » de Purcell, déjà rendu célèbre en dehors du classique par Klaus Nomi en son temps, qui est probablement la reprise la plus intéressante des quatre. Si l’introduction reste très entendue, l’expressivité d’Emile Parisien tout au long du morceau contribue à le rendre habité et intense.

C’est la marque des grands musiciens que de ne jamais être là où on les attend. Et si les inconditionnels du premier Living Being risquent de rester sur leur faim avec cette suite, il serait difficile de reprocher à Vincent Peirani d’avoir cherché à faire autre chose pour ne pas se répéter. Cet album réjouira probablement un autre public, plus jazz, mais il n’est pas certain que les amateurs de jazz-rock y trouvent tout à fait leur compte.

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