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16 Septembre 2018

Andreas Schaerer

The Big Wig

par Aleksandr Lézy

Il a été coup de cœur Chromatique il y a quelques années avec son groupe Hildegard lernt fliegen. The Fundamental Rhythm of Unpolished Brains (2014) nous avait conquis par sa richesse et son originalité. Electron libre de la scène jazz contemporaine, le chanteur suisse Andreas Schaerer a, depuis, participé à de nombreux projets en son nom et vient de sortir A Novel of Anomaly chez ACT Music. En 2017, fort de sa réputation, il enregistre Out of Land avec, excusez du peu : Emile Parisien, Vincent Peirani et Michael Wollny ! Dans le même temps sort The Big Wig, objet de cette chronique.

Composé, orchestré et produit par Schaerer, The Big Wig a été enregistré dans le cadre du festival de Lucerne le 5 septembre 2015 devant un large public. Placé en véritable leader, le chanteur bernois surplombe son groupe Hildegard lernt fliegen, plus l’orchestre de Lucerne. Il a fait de sa voix le centre de l’attention, l’objet mystérieux de convoitise, car il faut bien le reconnaître, c’est un bijou.
Dès les premières secondes du « disque », entre les harmonies dissonantes de l’orchestre et les puissantes notes chantées, le ton est donné ! Rapidement, du texte vient s’ajouter au contenu déjà présent formant les prémices d’une histoire, proche du conte musical. En version symphonique, « Seven Oaks » prend une nouvelle dimension, tout comme « Zeusler » et « Don Clemenza », présents sur le fameux The Fundamental Rhythm of Unpolished Brains. Evidemment, Schaerer utilise énormément de timbres, de manières de projeter sa voix, mais aussi s’adonne au beat-box avec beaucoup d’aisance. Il est vif et surprenant à bien des égards et ne cesse de surprendre. Mis à part un accent anglais qui mériterait d’être amélioré, sa prestation est sensationnelle.
Composé et orchestré par Schaerer lui-même, la musique de The Big Wig fait d’une certaine manière résonance à celle de feu Frank Zappa, le côté rock en moins. Léchée, recherchée, magnifiquement exécutée, elle fait appel à un sens aiguisé de l’auditeur qui parfois devra faire la différence entre un instrument ou une voix, ou bien dénicher des sons comme par exemple celui d’une machine à écrire et son petit leitmotiv rythmique. Un morceau comme « If Two Colossuses », assez majestueux, donne l’impression d’être plongé dans une très bonne comédie musicale.

Couplé avec le DVD, qui met en immersion le curieux, tout le concert prend un aspect encore plus passionnant. D’une durée raisonnable, le spectateur ne pourra pas s’ennuyer, en principe. En espérant qu’Andreas Schaerer ne se désolidarise pas trop de son groupe, The Big Wig provoque un engouement qui ne se tarit pas au fil des écoutes et pourrait en surprendre plus d’un. Un album fortement recommandable à bien des égards.

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