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17 Août 2018

Kate Bush

The Kick Inside

par Jean-Philippe Haas
dans

A soixante ans dont plus de quarante de pérégrinations musicales derrière elle, Kate Bush peut se vanter d'avoir été au sommet des ventes au Royaume Uni dans chaque décennie depuis celle qui a vu la parution de son premier album, The Kick Inside. En effet, au début de l'année 1978, une jeune fille d'une vingtaine d'années à peine, à la voix haut perchée débarque dans les charts anglais avec une chanson pop à la fois immédiate et un brin étrange. C'est « Wuthering Heights » - inspirée par Les Hauts de Hurlevent d'Emily Brontë – ancrée pour longtemps dans l'inconscient collectif et l'histoire de la pop. A titre d'anecdote, le single japonais qui se hissera au premier rang là-bas est « Moving » (qui ouvre l'album), et sa face B… « Wuthering Heights » ! A noter aussi que ce titre iconique sera réenregistré en 1986 pour la compilation The Whole Story, la version sans doute la plus connue aujourd'hui.

Mais cette perle intemporelle n'est que la partie émergée du talent de la très photogénique artiste, repérée et poussée par un certain David Gilmour. Dans la foulée du quarante-cinq tours, Kate Bush livre un disque de treize chansons, entièrement composé par elle-même et enregistré depuis quelques temps, The Kick Inside, dévoilant une compositrice déjà affirmée dont l'arc possède de nombreuses cordes. Il est d'ailleurs difficile de ranger ce disque dans une case précise, tant les ambiances se suivent et ne se ressemblent pas. Seules constantes : le piano et la voix de Bush. Mais on trouve aussi entre autres, outre le trio guitare/basse/batterie, du saxophone (« Saxophone Song »), la mandoline du grand frère Paddy (« Oh To Be In Love ») et une pléthore de claviers (Hammond, Fender Rhodes, Celesta…). Les compositions font preuve de la même variété, à commencer par des thèmes assez peu communs à l'époque ; car si le sentiment amoureux est très présent dans les textes de Kate Bush, c'est parfois sous des formes inattendues comme la sexualité (« Feel It ») ou l'inceste (« The Kick Inside »). Musicalement parlant, des pépites épurées comme « The Man With The Child In His Eyes » ou « The Kick Inside » se placent totalement à contre-courant de la mode d'une fin de décennie dominée par la musique dansante et représentée par Abba, Boney M et autres Bee Gees. Pour autant, les titres rythmés ne manquent pas (« Kite », « James And The Cold Gun », « Them Heavy People »…), faisant de cette collection colorée une corne d'abondance où il est possible de piocher selon son état d'esprit.

Cette carrière démarrée en trombe va propulser Kate Bush sur les hauteurs de la gloire, en même temps que dans le monde de l'industrie de la musique. Sommée de sortir rapidement un second album (ce sera Lionheart, à peine quelques mois après The Kick Inside), la belle va vite ressentir la pression qui s'exerce sur elle et exiger un plus grand contrôle sur son travail, puis sérieusement prendre ses distances après Hounds of Love (1985) pour ne revenir ensuite qu'épisodiquement.

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