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24 Juin 2018

Robert Szewczuga Trio

Moonrise

par Choreo
dans

Si jusqu'ici la Pologne n'a pas spécialement brillé lors de la Coupe de Monde en Russie (à l'heure où cette chronique est écrite, l'équipe vient de perdre face au Sénégal), le Robert Szewczuga Trio nous rappelle que les Polonais ont tout à fait leur place dans la cour des grands. Si le bassiste a déjà pas mal d'expérience, Moonrise est le premier album sous son nom, et c'est un bon début ! Avec un packaging élégant qui tape dans le mille, pas de doute : l'univers céleste sera le liant qui unira ces dix compositions.

Si l'on devait choisir un mot pour définir l'univers musical de ce trio, le terme « large » correspondrait tout à fait. En effet, malgré le petit effectif (bien qu'il y ait quelques invités), une certaine amplitude se dégage tout le long de l'album. Les claviers de Michal Rotat (incroyable tout le long) y sont sûrement pour quelque chose. Il nous offre, grâce à une quasi omniprésence et des sonorités variées, une grande ouverture qui nous ferait presque oublier que tout a été enregistré en studio. La prise de son est pure et laisse entendre les moindres détails des compositions. Nous avons ainsi le droit à une échappée aux saveurs latines (« Sabseson »), une ambiance plus « smooth » (« ... ») ou encore une composition pour basse solo (« Bachllada »). Un petit coup de cœur pour « New-Old » auquel on ne peut rester indifférent : une guitare « wah-wah » accompagnée d'un clavier distordu aux aspects « old school », le tout sur un ton très « groovy ». Il est un peu dommage cependant que ce soit un simple « fade out » qui conclut le morceau...

Plusieurs invités se sont greffés au groupe polonais dont le guitariste Apostolis Anthimos avec qui le leader du groupe avait déjà collaboré plusieurs fois (notamment dans Miniatures). Cette rencontre donne vie à « Apo », un titre aux sonorités funk et à la batterie piquante. Nous avons aussi le droit à un très sympathique « Trip+Outro » pour conclure l'album avec une touche africaine grâce aux divers dialectes utilisés par Ghostman. Malheureusement ces collaborations ne sont pas toutes fructueuse... Jarek Maciejowski nous offre une ballade pop un peu trop « mainstream » qui obstrue le reste de l'album.

Constitué de très bons musiciens (Michal Rorat est la révélation de l'album), le Robert Szewczuga Trio mérite une plus grande visibilité de la part du public international. Ce Moonrise laisse apparaître de belles idées qui ne révolutionneront peut-être pas le monde du jazz mais qui sauront plaire à bon nombre d'auditeur aguerris ou non. Gardons un œil sur nos amis Polonais, ils risquent bien de nous surprendre (que ce soit lors du Mondial ou avec un nouvel album).

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