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11 Juin 2018

Dream The Electric Sleep

The Giants' Newground

par Florent Canepa

Album perdu, album oublié, album retrouvé : quel que soit le qualificatif que nous pourrons employer pour le faux nouvel album de Dream The Electric Sleep, celui-ci ne nuira aucunement à la soif de le découvrir. C’est peu dire que le groupe américain nous a excité les oreilles et ce depuis trois hauts faits d’armes dont le dernier et très abouti rejeton, Beneath The Dark Wide Sky.

Bien sûr, on se dit que les fonds de placard ne font pas toujours les meilleures soupes d’où une forme de circonspection qui entoure ladite sortie. Le sentiment est balayé dès la première écoute. Déjà, le réenregistrement de certaines parties fait que la production peut souffrir la comparaison avec les récentes parutions et ce, haut la main. Mais pas seulement : le talent déployé par ce qui n’était à l’époque qu’un duo formé de Matt Page et Joey Waters est foudroyant. Foncièrement rock (comme un Foo Fighters clandestin), les seize titres sont certes inégaux mais renferment suffisamment de riffs lourds et déterminants pour se poser en pierre angulaire d’un post-grunge brûlant où l’approximation aurait laissé place à la précision, où les complaintes auraient laissé place aux hymnes (« The Stage », fier et abrasif). Le timbre rappelle parfois ce mélange glam et rock qui allait si bien à Andrew Wood ou Perry Farrell. Certaines évocations sont des figures de style que l’on ne leur connaissait pas (le début de « Sounds like magic », comme New Model Army, les chœurs de « Soulful » un peu Spock’s Beard).

Dix ans séparent la sortie confidentielle de cette renaissance qui vibre d’une fougue adolescente et d’une force mature. Comme ces histoires d’un autre temps contées par la mère du guitariste et vocaliste du groupe résonnant dans la tête et l’esprit du musicien accompli d’aujourd’hui. Un accomplissement qui n’était déjà pas, à l’époque, à démontrer. Vivement la suite.

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