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09 Avril 2018

Lizzard

Shift

par Maxime Delorme
dans

Si Out of Reach a su susciter l'enthousiasme et la curiosité de la francophonie progressive, Majestic avait clairement transformé l'essai pour Lizzard avec un album fort, tout en nuance, au son cristallin et aux compositions bien ficelées. Il était donc naturel d'attendre un nouvel album avec beaucoup d'espoirs mais aussi un peu de craintes. Que nenni, Lizzard continue sur sa lancée stellaire avec Shift et nous prouve qu'ils assument leur identité et ne cèdent pas aux modes du metal progressif qui font rage en ce moment.

Pour un trio, il faut avouer que Lizzard sait bien remplir l'espace. La production ne dépare pas des précédents albums, un son d'une clarté qui n'a rien à envier aux superstars du domaine. Comme à leur habitude, l'album flirte entre deux types d'ambiances bien distinctes : les parties atmosphériques et les parties metal/rock. Lizzard excelle dans les deux comme le prouvent respectivement « Gemini » et « Open View ». Mais aussi dans leurs hybridations comme sur « Singularity », le single dont le groupe nous avait gratifié d'un clip il y a quelques mois.

Revenons quelques instants sur le morceau éponyme, car c'est sur ce genre de pistes que le trio montre à quel point ils excellent dans la composition. Il serait difficile de ne pas voir dans « Shift » un morceau digne du minimalisme contemporain, avec ses empilements de guitares qui créent des motifs complexes, le tout supporté par une section rythmique ultra efficace. Mais parlons-en un peu de la section rythmique. Les compositions sont toujours soutenues par le duo Katy Elwell (batterie), William Knox (basse) qui joue avec le rythme sans jamais virer ni dans la démonstration technique, ni dans la facilité. Cette base en béton permet ainsi aux guitares et à la voix assurées par Mathieu Ricou de prendre leur essor, et c'est sans nul doute là que réside l'ampleur et le volume du son de Lizzard.

Le seul bémol que l'on pourrait trouver à cet album, c'est une certaine redondance dans les thèmes et des morceaux un peu moins marquants sur l'album « Min(e)d » par exemple, ou le très « Hakenien » « Passing By »), qui ont tendance à rappeler Majestic et Out of Reach. Mais ces morceaux sont minoritaires sur l'album et ne gâchent rien !

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