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19 Mars 2018

Colin Edwin & Robert Jürjendal

Another World

par Julien Giet

Colin Edwin est un musicien discret traçant son propre chemin depuis la mise en sommeil de son projet phare Porcupine Tree. Fort de son précédent album Twinscapes (évoquant curieusement la musique du trio Jansen/Barbieri/Karn), il nous offre cette fois-ci une collaboration avec le guitariste Robert Jürjendal. Au programme, l'exploration expérimentale d'ambiances diverses et variées allant des plaines enneigées de l'Estonie natale de Robert Jürjendal ( «  Frozen Fields  » ) aux contrées orientales arides et désertiques ( «  Memories of Sand  » ), le tout présenté sous la forme de trips hypnotiques voire chamaniques. Le voyage est dépaysant à souhait pour qui souhaite se plonger dans les profondeurs des paysages sonores s’apparentant à de vastes panoramas. Pour ce faire, on est guidé par une production aux petits oignons exposant la basse de Colin Edwin de manière impeccable (l'écoute au casque est fortement recommandée pour se délecter de la rondeur de son jeu ainsi que des magnifiques lignes de basse de «  Dance of Kaia  »). Robert Jürjendal vient pour sa part sublimer l'ensemble de ses envolées emplies de psychédélisme maîtrisé et inspiré qui ne viennent jamais nous déranger durant l'expérience (on peut savourer le son aquatique de sa guitare au travers de «  My Island  ») . Dans son style, Another World peut faire penser au dernier album en date de Richard Barbieri, Planet+Persona (rappelons que Richard Barbieri officiait lui aussi dans Porcupine Tree en tant que claviériste. Anecdote étonnante, on peut trouver des traces vidéos de concerts de Jansen/Barbieri/Karn accompagnés sur scène par un jeune guitariste chevelu répondant au nom de Steven Wilson, et ce bien avant la formation de Porcupine Tree. Ces collaborations peuvent aussi expliquer les similitudes que l'on peut trouver dans les jeux de basse de Mick Karn et de Colin Edwin). Les percussions apportent un groove subtile à l'ensemble, venant enrichir le son sans jamais donner l'impression de boucles. Tout est parfaitement maîtrisé pour donner lieu et place à des nuances appréciables. Petit bémol cependant concernant la fin de l'album, la dernière piste semble coupée brutalement, nous sortant de la méditation comme un réveil.

Colin Edwin est discret, très discret. Pourtant, sa carrière post-Porcupine Tree se garnit de projets intéressants qu'il serait injuste d'ignorer. Another World est excellent, à mille lieues d'une quelconque ambition grand public. Il reflète les influences d'un musicien talentueux cherchant dans ses expériences à exprimer le son si doux et si précis de sa basse. Si vous aimez la musique hypnotique, l'écoute de cet album (au casque, une fois encore) est très fortement recommandée.

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