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03 Octobre 2008

One Shot

Dark Shot

par Aleksandr Lézy
La sphère magmatique a engrangé au fil des décennies bon nombre de musiciens tous plus talentueux les uns que les autres et pour cause ! Parmi ceux-ci, trois musiciens sont ressortis de la dernière formation de Magma tout en créant en parallèle, sous la houlette d’Emmanuel Borghi (claviers), le groupe One Shot en 1997, en compagnie de ses camarades de jeu Philippe Bussonnet (basse), James Mac Gaw (guitare) et Daniel Jeand’heur (batterie). De cette fructueuse collaboration ont déjà été édités trois albums. Dark Shot arrive donc à point pour réalimenter la machine et donner un petit frère à Ewaz Vader (2006), encore assez frais dans les esprits.

One Shot, c’est un peu la reformation et la reformulation de Magma dans une formation jazz rock sans voix. Même si cette influence n’en demeure pas moins l’une des caractéristiques du groupe, il ne faut pas en rester là. L’osmose qui règne au sein du groupe détermine cette atmosphère unique qui se dégage des sept nouvelles longues compositions. Le titre Dark Shot colle parfaitement à son contenu, dont la répartition d’écriture s’est faite avec deux morceaux par musicien à l’exception du guitariste James Mac Gaw, auteur de « Downwards » uniquement. Ce qui frappe à l’écoute de cet album, c’est l’homogénéité du style, la teneur du propos et l’accentuation des côtés pesants et sombres. Chaque morceau se décline un peu de la même manière avec l’exposition d’un thème et sa déclinaison en plusieurs développements ainsi que des passages solistes fondus dans la masse. Le style de One Shot est reconnaissable entre mille mais Dark Shot en est certainement la quintessence, un sommet dans l’écriture et la performance.

Néanmoins, les morceaux se ressemblent et paraissent longs, trop longs. Le retour perpétuel des riffs sur eux-mêmes et les tempi relativement lents bien qu’énergiques malmènent la patience, et l’on se retrouve vite à se demander pourquoi tourner autant autour d’une même idée. Quand tout a été dit ne serait-ce pas plus simple de passer à autre chose pour donner, pourquoi pas, deux ou trois morceaux supplémentaires. Il y a pourtant assez de matière pour y parvenir.

Au-delà de ces critères subjectifs demeure une sensibilité à part entière venant du jazz et se mêlant à un rock lourd et sauvage. Les qualités des musiciens ne manquent aucunement à ce disque. Quant à la production, elle met en valeur de manière très judicieuse cette fusion des genres propre à One Shot, grâce à un son authentique, exempt de tout artifice.

Le DVD qui accompagne ce nouvel album a été enregistré en concert au Triton le 24 juin 2008 mais également en studio. Huit titres en tout, somme de quasiment une heure. Une offre qu’on ne saurait refuser tant ce petit plaisir supplémentaire apporte son lot de satisfaction. One Shot s’apprécie sur disque, mais son énergie n’est jamais aussi bien ressentie et ressortie que sur scène. Même si l’homme à la caméra avec ses belles images n’arrive pas à nous transmettre la moiteur de l’ambiance qui se dégage de la salle du Triton, ce mixage d’images live et studio ravissent et enivrent pour un plaisir certain.

One Shot signe avec Dark Shot la marque d’un talent quasi unique et bien français. La qualité est au rendez-vous mais n’offre rien de vraiment neuf par rapport à Ewaz Vader par exemple. Même si l’on en attend plus d’eux, les Parisiens s’en donnent à cœur joie et c’est bien là le principal.
  • Année: 2008
  • Label: Le Triton

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