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14 Janvier 2018

Moebius

Hybris

par Florent Canepa

Sans vouloir faire de jeu de mot fantaisiste, il faut admettre que l’on assiste à une djentrification du métal progressif. Épiphénomène autrefois, il irradie désormais l’ambiance générale de groupes aux velléités plus extrêmes. Ici, direction la Sardaigne avec un groupe au nom prometteur de Moebius. On ne sait pas trop s’il s’agit ici d’un hommage au génial Jean Giraud mais le graphisme sophistiqué de la pochette laisse à penser que le groupe n’a pas laissé cette partie au hasard. Peut-être que la référence se limite aussi au mathématicien allemand du même nom, comme un clin d’œil à leur musique complexe. Pourtant, et sans doute pour rassurer les auditeurs allergiques à trop de breaks ou structures noueuses, la musique de Moebius n’est pas si difficile à appréhender. Il vous faudra tolérer les voix brutales (un peu comme chez Max Cavalera de Sepultura) et la tonalité thrash et hardcore sur quasiment tous les morceaux. Ce n’est pas une coïncidence de genre si Daniel Bergstrand est à l’ouvrage. Ce dernier a officié sur les productions de groupes comme Meshuggah, Tool ou Mastodon qui ne sont pas connus pour leur légèreté. Il offre toute la brutalité et la puissance à ce premier album qui semble déjà bien abouti sur cet aspect-là. Certains passages de Hybris sont appréciables, même lorsqu’ils soulignent clairement les références. On pense aux « balades » savoureuses de Pantera sur « Limestone », à Tool et même Alice In Chains lors d’un pont sur « Uranium ». Sachant que Moebius livre ici une première missive sous forme de missile, tout n’est pas parfait (le trop long « Diamond » met un temps infini à démarrer et fatigue sur la longueur) mais on ne peut que chercher à encourager leurs excès coupables.

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