coup de coeur
09 Octobre 2017

Phil Collins

Not Dead Yet

par Julien Giet

« Pas encore mort » ; c'est le message qu'adresse aujourd'hui Phil Collins au monde entier qui le croyait condamné suite à son troisième divorce (coûteux de 36 millions d'euros, battant de 6 millions d'euros le triste score de celui de Paul McCartney avec Heather Mills) et à sa dépression le plongeant dans la spirale infernale de l'alcool. L'artiste cumule également les problèmes de santé (surdité, maladie de Parkinson) l'empêchant de monter sur scène depuis une dizaine d'années et de pratiquer son instrument de prédilection, la batterie. Le musicien avait lui même déclaré au mensuel français Batterie Magazine l'absence de motivation et d'inspiration qui le plaçaient dans cet état de stagnation causé par l'absence de ses enfants et son isolement en Suisse.

Tout au long des 429 pages de son autobiographie, Phil Collins use de son excellente mémoire pour nous conter moult anecdotes . Au travers d'un langage simple nourri à l'humour anglais, l'auteur parvient à nous captiver en ornant son récit de détails parfois infimes et insignifiants. On plonge ainsi dans les banlieues de Londres des années 60 au milieu desquelles le jeune Philip David Charles Collins grandit sans imaginer un seul instant la carrière exceptionnelle -ainsi que les déboires émotionnels- à laquelle il se destine. Bercé aux Beatles ainsi qu'à la musique Motown (à laquelle il rendra hommage en 2010 avec l'album Going Back), Phil Collins se passionne pour la batterie qu'il pratique et joue intensément aux quatre coins de la capitale anglaise. Phil Collins raconte avec précision les moments qui furent les pierres angulaires de sa vie (la rencontre avec les membres de Genesis, son amitié avec Eric Clapton, le concert du Live Aid 1985 avec Led Zeppelin, son enregistrement fantôme avec George Harrison, l'instant durant lequel il est devenu chanteur de son groupe, …).
Il est très intéressant de découvrir tout d'abord Phil Collins le batteur; il est connu mondialement comme chanteur mais il est aussi excellent batteur mésestimé (réécoutez ses performances sur « Watchers of the Skies » extrait de l'album Foxtrot de Genesis ou encore l'album Unorthodox Behaviour de son groupe de jazz fusion Brand X). Ce parallèle entre le batteur timide caché derrière ses fûts et le chanteur showman propulsé sur le devant de la scène rythmera sa carrière et le tiraillera dans ses choix. Phil Collins aborde également l'aspect sentimental de sa vie en dressant une dualité entre la musique et sa vie de famille. Absorbé par son travail/passion, au gré de tournées interminables et incalculables qu'il n'a jamais su refuser et de nombreuses sessions studios pour lesquelles son groove était demandé, Phil Collins a souvent essuyé les pots cassés de ses échecs sentimentaux (déboires qu'il a souvent mis en musique devenant à sa grande surprise des tubes tels « In the air Tonight », « Please Don't Ask », « All Against Odd », …).
Dans ce livre, Phil Collins consigne avec sincérité ses succès, ses échecs, ses doutes, ses regrets et nous plonge dans les méandres d'un succès peu enviable vu de l'intérieur. « Not Dead Yet » est le récit d'un homme dont la musique a absorbé l'existence. L'ensemble est dense, passionnant et instructif, rendant Phil Collins quasiment accessible à qui voudra lire le récit de sa vie mise à nu. La lecture de l'ouvrage est hautement conseillée aux fans ainsi qu'aux curieux souhaitant approfondir leurs connaissances au sujet d'un artiste musicien trop souvent cantonné au rôle de « personnage médiatique ».

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