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01 Octobre 2017

Threshold

Legends Of The Shires

par Jean-Philippe Haas

Les fans de Threshold se souviennent sans doute du passage éclair de Glynn Morgan au sein de leur groupe favori de heavy metal mélodique à tendance progressive. Psychedelicatessen marquait déjà en 1994 une évolution par rapport au premier album Wounded Land (avec Damian Wilson au chant) et reste l'un de leurs disques les plus accessibles aujourd'hui encore. Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts et quelques changements ont ponctué son histoire ; le dernier en date est le retour de Morgan au micro suite à la défection de Wilson après For The Journey (2014), un exercice dont celui-ci est coutumier, puisqu'il s'agit de son troisième départ.

Malgré le poids de naissance impressionnant de son nouveau bébé, Threshold l'habille avec les vêtements de ses grands frères car même s'il est un concept album, Legends Of The Shires ne change pas la donne : la bande a depuis longtemps trouvé son rythme de croisière et a stabilisé son style, dès l'arrivée sur Clone du regretté Andrew « Mac » McDermott, décédé en 2011, le chanteur qui a probablement le plus contribué à la lente reconnaissance du groupe sur le plan international. La technique n'a jamais été un élément majeur dans les compositions, qui misent plutôt sur l'accessibilité et la discrète complexité de la musique pour convaincre à la fois les amateurs de heavy et les fans de prog metal édulcoré. On retrouve ainsi les ingrédients qui peuvent séduire ces deux franges de métalleux : des titres puissants et efficaces aux refrains épiques (« Small Dark Lines », « Superior Machine »), de longues suites emphatiques aux ambiances multiples où la mélodie reste au premier plan (« The Man Who Saw Through Time« », « Lost In Translation« ») et quelques moments plus calmes voire épurés (« The Shire (Part 1) », « The Shire (Part 3) », « Swallowed »). L'équipe n'a pas grandement modifié les caractéristiques principales de son jeu : la frappe chirurgicale et sans fioritures de Johanne James, les nappes de claviers prégnantes de Richard West, les riffs gras de Karl Groom et la basse sourde de Steve Anderson. Comme s'il n'avait jamais quitté son poste, Morgan s'approprie sans la moindre difficulté ces quatre-vingts minutes de musique, instillant parfois cette dose d'agressivité qui caractérisait « Mac » et dont Damian Wilson, malgré ses immenses qualités de chanteur, est globalement dépourvu. Petite surprise : Jon Jeary, bassiste jusqu'en 2003, fait également une brève réapparition au chant sur « The Shire (Part 3) ».

Comme tout double album qui se respecte, celui-ci comporte des passages plus faibles, des moments qu'on a l'impression d'avoir déjà entendus précédemment, mais Legends Of The Shires confirme largement que le groupe est toujours capable de fournir de bonnes chansons, accrocheuses à souhait, ambitieuses sans en avoir l'air.

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