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09 Août 2017

The Tangent

The Slow Rust Of Forgotten Machinery

par Florent Canepa

Les années passent, les saisons changent, le monde évolue, parfois devient fou ou tout simplement absurde. Les chefs d’état se disputent le ridicule en bandoulière et les enfants s’accrochent entre virtuel et réel. Mais une chose ne change pas : il y aura toujours une petite livraison récurrente de The Tangent. Tel un monolithe de la sphère progressive, le combo plein de panache mais pas d’ego (ou si peu) d’Andy Tillison continue son bonhomme de chemin et même son chemin bonhomme. Il devient aussi difficile de chroniquer une œuvre du lord anglais que de décrire les saveurs d’un Beaujolais nouveau en essayant d’expliquer, d’un air savant, que cette année, c’est la banane ou la mûre qui domine.

The Slow Rust Of Forgotten Machinery est encore plus avare en titres qu’à l’accoutumée car ce sont six petits morceaux qui déroulent leurs tapis de claviers, sweeping et autres carrefours de flûte, toujours totalement fidèles à Genesis, Camel et autres géants d’un temps ancien mais toujours adulé (du moins par certains, dans ces colonnes). Bien sûr, ici, on ne cherche plus la surprise mais plutôt le plaisir de l’écoute dans l’académisme. Un constat cependant qui vient frotter l’oreille dès la première écoute : la production est limpide. Non pas que le maître d’œuvre nous habitue à une production avec les pieds, mais il est vrai que la rondeur manquait parfois à un ensemble qui privilégiait les aigus au détriment de la basse. Ici, tout se déroule comme si l’instrument de Jonas Reingold en sortait grandi, malgré des lignes coutumières. « Doctor Livingstone », à cet égard, représente peut-être une forme d’essence du groupe. Ecouter ce titre, c’est en quelque sorte avaliser tout ce qui a fait le plaisir à l’écoute de pans de la discographie du groupe.

Impossible de dire si cette machinerie, cette machination en quelque sorte, est meilleure ou moins bonne que la précédente. Le groupe se contente de faire ce qu’il sait faire de mieux et c’est déjà bien. Funk, jazz, prog, FM, The Tangent rappelle un peu ces mastodontes aux noms de villes ou d’états américains qui vitaminent leur emphase tout en se laissant aller à une forme d’humilité jammeuse. Créant ça et là du relief (la voix de Marie-Eve de Gautier sur « Slow Rust », les moments plus riffeurs de Luke Machin), se distanciant des humeurs barbantes d’un Gilmour en solo (ou en mode ersatz Pink Floyd), The Tangent flatte avec flegme. Malgré des thèmes politiques convenus sur le terrorisme et les gouvernances, malgré la voix monocorde de son instigateur, en dépit de la révolution parfois attendue, le nouveau cru à tiroir fait belle figure dans la discothèque de l’honnête homme. Brexit ? Not just yet.

Commentaires 

#1 Fabrice Chouette 30-08-2017 11:51
j'ai trouvé ce disque beaucoup plus inspiré qu'à l'habitude, du point de vue musical... le travail de Luke Machin à la guitare (et production) est incroyable... Je ne retiendrai que peu d'albums de ce groupe, mais celui-ci en fera certainement partie...
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#2 paintball 16-09-2017 22:44
fantastic issues altogether, you just gained a new reader.
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