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20 Juin 2017

Nooumena

Controlled Freaks

par Aleksandr Lézy

A la sortie du premier album Argument with Eagerness fin 2011, Nooumena avait fait sensation auprès des amateurs de rock innovant. L’empreinte de Kayo Dot principalement, reflétait une certaine détermination à sortir des chemins battus, explorer des textures en y ajoutant, entre autres choses, des instruments venant du jazz. D’ailleurs, ce disque était signé sur le même label que deux albums de ce dernier et de Maudlin of the Well, aussi. Bref, le petit groupe de Basse-Normandie en imposait du premier coup. Cinq années plus tard, on les retrouve avec un deuxième album nommé Controlled Freaks sorti sur le label L’étourneur, petite association culturelle pluridisciplinaire à laquelle Chromatique s’est intéressé. Deux groupes, Stoned Diplodocus et F.A.T, y sont d’ailleurs déjà chroniqués.

Nooumena propose un rock incisif, sombre et angoissant. Faite d’expérimentations maîtrisées, d’harmonies épaisses et complexes et de mélodies abstraites, la musique des quatre Caennais qui n’est pas complètement instrumentale, s’oriente progressivement vers quelque chose de plus personnel mais aussi moins mélancolique. L’ambiance y est sombre et torturée, rappelant Guapo ou Thinking Plague par moments.

S’étant allégé des cuivres, vents et cordes frottées du premier album, Nooumena s’endurcit, travaille ses textures différemment et renforce le côté rock en amincissant le côté « jazzy » que l’on pouvait ressentir à l’époque. Les bidouillages électroniques et électriques sont grandement développés rendant ainsi la recherche plus personnelle et peut-être même pour le coup, plus pertinente. Les sonorités sont agressives, rêches comme en témoignent les claquements de basse de Simon Toralba et le grain de guitare de Thibault Geay. Son chant, en revanche, pêche par son accent lorsqu’il est en anglais. Ses différentes incarnations laissent à penser que certaines sont plus judicieuses que d’autres.

Enregistré par Pierre Blin, le batteur, en seulement une semaine durant l’été 2015, il lui aura ensuite fallu quasiment deux ans pour mixer et finaliser cet album. Ce processus global d’enfantement peut paraître long mais lorsque tout est fait par ses propres moyens, ce n’est plus la même histoire. C’est pourtant réussi. Nooumena continue à faire du Nooumena en se renouvelant, poussé à coups d’expérimentations dans ses retranchements. Controlled Freaks est un album réfléchi, torturé voire même philosophique. Il a ce côté spirituel et méditatif absorbant qui ensorcèle lorsque le chant lance ses incantations, sa meilleure facette, notamment sur les deux derniers morceaux à la frontière du Black Metal « 7x6 ∞ » et « Dog Eat Dog ».

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